Review: Thor (2011)

Thor (c) Marvel Entertainment

Thor (c) Marvel Entertainment
Chris Hemsworth (Thor)

Thor est un film de super-héros basé sur le comics du même nom créé en 1962 par Stan Lee, Larry Lieber et Jack Kirby. Un premier essai d’adaptation des aventures de Thor avait été amorcé en 1991 par Sam Raimi (Legend of the Seeker, Evil Dead…), mais le projet en était resté au stade du développement et avait fini par tomber dans l’oubli. Jusqu’à ce que le projet soit déterré en 2006 et confié à Mark Protosevich (Je suis une légende, the Cell…) pour un dépoussiérage. Le projet passe un moment de mains en mains avant d’être confié au britannique Kenneth Brannagh (Wallander, MacBeth, My week with Marylin…), qui prend donc les commandes de ce film sorti en 2011. 

Côté scénario, Ashley E. Miller, Zack Stentz et Don Payne se sont chargés de donner un cadre aux aventures du dieu nordique, le mettant en scène à Asgard et également dans notre monde. Il s’agit du cinquième film produit par Marvel Entertainment et tiré d’un comics à succès, et Thor fait partie de ces protagonistes de blockbusters Marvel destinés à rejoindre l’équipe des Avengers, dans le film du même nom réalisé par Joss Whedon et sorti en 2011. Tourné entre la Californie et le Nouveau-Mexique, le film a été un succès financier incontestable et a reçu nombre de critiques suffisamment positives pour qu’une suite Thor: the Dark World – qui sort aujourd’hui en France et dont on vous reparlera très rapidement ^^ – soit rapidement mise en chantier.

Au royaume d’Asgard, Thor est un guerrier aussi puissant qu’arrogant dont les actes téméraires déclenchent une guerre ancestrale. Banni et envoyé sur Terre, par son père Odin, il est condamné à vivre parmi les humains. Mais lorsque les forces du mal de son royaume s’apprêtent à se déchaîner sur la Terre, Thor va apprendre à se comporter en véritable héros…

[Allociné]

Le film nous propose de suivre l’histoire de Thor (Chris Hemsworth), prince héritier d’Asgard, héritier du puissant Odin (Anthony Hopkins) pour la gouvernance du royaume d’Asgard. S’il fallait citer un unique trait de caractère propre à ce protagoniste, ça serait sans aucune hésitation son arrogance. Dès ses premières secondes à l’écran, Thor nous en met plein la vue et fanfaronne comme un adolescent au point que c’en est difficilement supportable. Cheveux longs et blonds, musculature scandaleuse, sourire ravageur, guerrier hors pair… on peut dire qu’il a vraiment de quoi fanfaronner ! En tant que fils d’Odin, il est l’héritier légitime du trône et se voit déjà assumer cette place.

A côté de lui et dans un style beaucoup plus discret, il y a Loki – brillamment incarné par Tom Hiddelston – que tout oppose à son demi-frère. Parce que non, Loki n’est pas un Asgardien de pur souche et a été recueilli par Odin. La preuve manifeste de ses origines ? Sa peau pâle, ses cheveux sombres, son gabarit nettement moins imposant… Tout l’oppose à son frère même si Loki semble tout ce qu’il y a de plus amical et fraternel.

Thor (c) Marvel Entertainment

Anthony Hopkins (Odin)

Mais lorsque survient un évènement menaçant la paix de longue date entre les Asgardiens et le peuple des glaces de Jotunheim, Thor décide de régler lui-même le problème en passant outre les ordres de son père. Parce que Thor est plus fort, plus intelligent… bref, il sait tout mieux que tout le monde. Avec ses accolytes Sif (Jaimie Alexander), Fandral (Josh Dallas) et Volstaff (Ray Stevenson), ainsi qu’avec l’aide de Loki, Thor décide de faire une petite virée punitive à Jotunheim, histoire de casser quelques dents et bourrer quelques pifs à coups de marteau.

Une petite virée qui sonne comme une remise en question de l’autorité parternelle autant qu’une violation de la paix observée de longue date par les deux peuples. En guise de punition, Odin dépouille son fils de ses pouvoirs, de son marteau Mjolnir et l’exile sur Terre. Et c’est là que c’est théoriquement censé devenir drôle – pour nous, par pour Thor… – parce que pour pouvoir revenir à Asgard, Thor devra apprendre l’humilité. Et quand on voit son niveau d’arrogance actuel, là on se dit naturellement qu’il n’est clairement pas prêt de refoutre les pieds chez lui et de retrouver les siens.

Son voyage initiatique débute en plein désert, au Nouveau-Mexique. Thor est découvert par l’astrophysicienne Jane Foster (Natalie Portman) et son collègue le Dr Selvig (Stellan Skarsgård). Suivent pas mal de gags et une tentative de reconquête de Mjolnir, mais Thor n’est pas encore digne de le tenir de nouveau. Le marteau devient donc l’indicateur du changement du dieu… mais se retrouve dans une zone placée sous le contrôle du SHIELD, ce qui complique donc les choses quand on connait un peu cette organisation, et ses agents surentraînés. On notera ici l’appatition de Phil Coulson (Clark Gregg dans les films Iron Man, et également le chef d’équipe de Agents of SHIELD). Très clairement, si Thor veut pouvoir rentrer à Asgard et empêcher Loki de voler le trône, il lui faudra changer.

Thor (c) Marvel Entertainment

Tom Hiddelston (Loki)

Thor ne fait pas complètement tâche dans le décor alors qu’on aurait pu s’attendre à quelque chose de vraiment loufoque. Il comprend les humains et leurs motivations mais reste simplement – et c’est compréhensible – en décalage avec leurs meurs technologiques, ce qui donne quelques scènes prêtant à sourire (à l’hôpital, notamment). Fort heureusement, l’accent est mis sur les scènes dramatiques; le but n’étant clairement pas de proposer une comédie autour du royaume d’Asgard. Ainsi, les moments les plus intenses et occupant le plus d’espace à l’écran sont les scènes faisant intervenir Thor et Loki, ou n’importe lequel des deux fils avec Odin. Ces scènes étaient fortes et bien menées, riches en émotions, et tous les acteurs étaient émotionnellement investis – ou du moins suffisamment pour que nous, spectateurs, ayons l’impression que tout pouvait être réel.

Du côté des effets visuels c’était vraiment beau, notamment pour toutes les scènes se déroulant à Asgard et Jotunheim. Petite impression de déjà vu au moment où la petite ville est sur le point d’être réduite en cendres avec sa population, lorsque Thor toujours dépouillé de ses pouvoirs supplie son père tout-puissant de faire cesser le massacre parce qu’il est amoureux d’une humaine… oui, ça avait un petit arrière-goût de Superman 2, mais c’était malgré tout visuellement très abouti, donc ça passe. Là où je vais être un peu plus tranchée concernant les effets visuels, c’est au niveau des scènes de combat filmées ou au ralenti ou par je-ne-sais-quel procédé, mais qui donnaient l’impression que tout allait beaucoup trop vide et induisaient une certaine lassitude vis à vis des rais de couleur erratiques qui se succédaient à l’écran sans que l’on ne puisse y distinguer quoi que ce soit.

Du côté de l’histoire, j’ai également eu un gros problème avec l’exil initiatique de Thor qui dur à peine deux jours mais qui est quand même d’une durée suffisante pour comprendre toutes ses erreurs et changer du tout au tout. Je n’ai pas non plus réussi à comprendre si, dans l’hypothèse où il n’aurait pas rencontré Jane, ce changement aurait été aussi efficace et aussi soudain… Légère déception également du côté d’Asgard, qu’on n’aperçoit qu’à peine mais qui amène son lot de kitsch, juste ce qu’il faut pour que l’on comprenne que ce sont des Dieux qui vivent là.

Rating: ★★★☆☆
Avis: Une photographie et une mise en scène soignées, à l’image d’à peu près tout ce qu’à dirigé Kenneth Brannagh jusque là, mais de grosses faiblesses au niveau du scénario, notamment lorsqu’il s’agit de nous faire croire que l’on peut changer du tout au tout en seulement deux jours. Beaucoup trop d’images rapides pendant les scènes de combat, ce qui produit au choix une lassitude parce qu’on ne distingue rien ou un plissage d’yeux frénétique pour tenter de distinguer quelque chose… mais dans les deux cas, même si les tourbillons d’images colorées et saturées est esthétique, ça reste désagréable quand les scènes de combat tirent sur la longueur. Malgré quelques faiblesses, Thor a quelque chose d’original dans le traitement du personnage et dans les choix qui ont été faits et on ne peut pas le considérer comme un film moyen… mais pas non plus comme un chef do’euvre incontesté. J’espère que le second film sera dans cette veine, mais plus abouti encore !

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