Review: the Crow (1998 – 1999)

the Crow (c) Sci-Fi channel

the Crow (c) Sci-Fi channel
– diffusée entre 1998 et 1999 sur Sci-Fi Channel et sur Cinéstar/M6 dès février 1999 –

Notre mois thématique « spécial vieilles séries » se poursuit avec la série the Crow: Stairway to Heaven (plus connu sous le nom de the Crow, en version française), une série fantastique tirée du film the Crow sorti en 1994 et réalisé par Alex Proyas (I Robot, Predictions…). Adaptée pour la télévision par Bryce Zabel (Loïs & Clark: the new adventures of SupermanDark Skies…), la série nous amène à suivre la quête de vengeance d’un homme sauvagement assassiné qui a ressuscité.

La série comporte 22 épisodes réunis en une unique saison et a été diffusée entre septembre 1998 et octobre 1999 sur Sci-Fi Channel. En France, la série a d’abord été diffusée sur Cinéstar 1 (février 1999), puis sur M6 à partir d’avril 2000.

J’étais sans doute un peu trop jeune à l’époque pour avoir entendu parler du film qui avait servi de base à la série. Et j’étais encore plus « trop jeune » pour savoir que ce film de 1994, avec Brandon Lee (Kung-Fu: the movieRapid fire…) dans le rôle principal, était en réalité inspiré du comics éponyme de James O’Barr, dans lequel deux amoureux sont séparés par la mort et l’un d’entre eux est finalement ressuscité par une corneille dotée de pouvoirs mystiques, et décide de se venger. Histoire elle-même inspirée – en partie – par l’expérience tragique récente vécue par l’illustrateur, qui a perdu sa petite-amie à cause d’un chauffard ivre; the Crow permet à O’Barr d’évacuer en partie sa colère contre le destin, et le comics est d’ailleurs incroyablement noir et véritablement sans aucun humour ou sentiment un peu « léger ». Ignorant tout des origines de l’histoire, j’ai donc simplement pu apprécier l’histoire à travers la série.

C’est Alex Proyas, le réalisateur du film, et Brandon Lee qui ont d’abord eu l’envie d’adapter en film ce comics duquel ils étaient fans.

Ca parle de quoi ?

Eric Draven, musicien, et sa fiancée sont sauvagement assassinés. Un an après, un corbeau ramène à la vie Eric. Désormais, il n’a qu’une idée en tête : se venger et rétablir la justice.

[ Allociné ]

L’essentiel de l’intrigue est là: un an après son assassinat, le guitariste Eric Draven (Mark Dacascos) est mystérieusement ramené à la vie. Si la mémoire est d’abord dure à retrouver – tout lui revient sous forme de flashs et il lui faut recoller les morceaux – Eric se souvient bien vite avoir assisté à l’agression et au meurtre de sa petite-amie par une bande de malfrats, les T-Birds de Detroit… Il découvre au fur et à mesure qu’il possède à présent quelques pouvoirs qui lui seront bien utiles: un pouvoir de régénération le rendant pratiquement invincible, des capacités physiques améliorées, une capacité à communiquer avec les corbeaux par télépathie (un pouvoir dont il use également sur les humains), ainsi qu’une capacité à guérir les gens par contact. Mû par la vengeance, le personnage a de fréquents accès de colère assimilables à des pertes de contrôle et dévoile une facette inquiétante de sa personnalité qui n’hésite ni à tuer, ni à mutiler les gens pour obtenir des réponses. De prime abord, le personnage a l’air un peu bourrin sur les bords, oui…

Le même... mais en différent

Si le Corbeau du film original ne pouvait utiliser ses pouvoirs que sur les personnes qui avaient contribué à le tuer lui et sa petite-amie, celui de la série peut s’en servir à peu près quand il veut. D’un personnage torturé en quête de vengeance, on passe donc à un « bon samaritain » qui cherche à faire le bien autour de lui. Ca ne rend pas la série moins bonne à mon sens (je n’avais pas vu le film à l’époque), mais ça la rend assurément plus banale dans la mesure où les séries de l’époque étaient saturées de bon samaritains désireux de résoudre les problèmes des autres. Une conduite qui rend le personnage sympathique à bien des égards même si son instabilité le rend difficile à comprendre la plupart du temps. Instabilité matérialisée par un changement physique (yeux noircis, teint blanc, maquillage macabre…) qui se déclenche au gré des sautes d’humeur d’Eric et qui n’est pas sans rappeler le duo Jekyll / Hyde ou Bruce Banner / Hulk, avec une personnalité calme, lisse et placide, et une autre violente, destructrice et incontrôlable avec laquelle Eric est sans cesse en lutte. Le traitement du personnage est intéressant, mais malheureusement un peu simpliste – voire bâclé – dans certains épisodes.

Une fin prévisible

La série a été annulée en juin 1999 à la fin de sa première saison et malgré des audiences plus que correctes et une importante mobilisation des fans américains. Polygram qui produisait la série a été vendue à Universal, et cette dernière a décidé de ne pas reconduire la série. Un téléfilm a été envisagé à l’époque afin de clore proprement l’histoire d’Eric Draven et les intrigues et interrogations laissées en suspend à la fin du vingt-deuxième épisode de la série, mais cela resta à l’état de simple projet.

Rating: ★★½☆☆

Avis: Si j’avais du attribuer une note à cette série à l’époque où je l’ai vue avec mes yeux de gamin, je lui aurais sans doute attribué le maximum. Avec le recul et le visionnage du film en revanche, je suis nettement moins convaincu et trouve que la volonté des scénaristes de rendre le personnage plus sympathique et moins sombre a véritablement dénaturé l’essence même de l’histoire: le Corbeau n’est pas un bon samaritain, s’il a été ressuscité, c’était pour une raison bien précise et non pour aider une voisine alcoolique à régler ses problèmes et à élever sa fille… Je caricature un peu, mais en substance les changements apportés au personnage rendent la série moyenne. Peut-être parce qu’il n’était pas possible de produire quelque chose de véritablement feuilletonnant ou de suivi avec ce personnage puisque sa raison d’exister a tout à voir avec le fait d’être réuni avec Shelly dans la mort après l’avoir vengée, et non de botter des culs de malfrats différents toutes les semaines. Et c’est ce dépouillement de l’oeuvre originale de ce qui faisait tout son intérêt et sa substance qui rend au final la série quelconque et qui rend l’annulation compréhensible malgré des audiences correctes.

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