Review: Revolution « There will be Blood »

Revolution (c) NBC

Revolution (c) NBC
Tom Neville (Giancarlo Esposito)

Après une reprise en demi-teinte qui a tout de même réunion 6.80 millions de téléspectateurs, le second épisode de la saison 2 de Revolution sobrement baptisé « there will be blood » annonce la couleur d’entrée de jeu: le sang va couler à flots… On vous aura prévenus !

Entre le series premiere et le second épisode, Revolution a déjà perdu 1.5 millions de téléspectateurs et cela malgré un créneau de diffusion plus que favorable. Au final, les audiences descendantes n’étaient peut-être pas que le fruit de la compétition avec de grosses séries concurrentes. Peut-être que le vrai fond du problème vient du fait que personne ne comprend vraiment où les scénaristes veulent en venir, ou que ceux qui jusque là comprenaient commencent tout doucement à se lasser et à envisager de lâcher l’affaire à force de voir se succéder des épisodes certes très divertissants, mais sans fond. 

L’impression de regarder une autre série et non la seconde saison d’une série connue persiste et continue de déstabiliser. Les éléments de continuité sont anecdotiques et assénés à intervalles réguliers sous forme de flash backs, mais pour le reste, il faut oublier. Rachel que l’on a connue battante n’est plus qu’un squelette dépressif (ses scènes sont sans doute les plus barbantes de la série tant elles n’apportent rien), Charlie (Tracy Spiridakos) s’est transformée en mercenaire que rien n’arrête, après avoir été la gourde ET la miss « je sais tout » de la saison 1… Clairement, il n’y a plus que Miles (Billy Burke) et Neville (Giancarlo Esposito) qui soient fidèles à eux-mêmes.

Pourtant malgré toutes ces fausses notes, « there will be blood » est quand même largement meilleur que l’épisode de la semaine dernière – mais sans non plus être du grand Revolution ou un chef d’oeuvre. L’épisode de la semaine était à la fois sombre, drôle et offrait pas mal d’éléments inattendus, ce qui ne gâchait rien au moment du visionnage. J’ai également beaucoup aimé le fait que l’on nous présente deux prisonniers – Miles et Charlie – distants d’un certain nombre de kilomètres dans des situations de détention complètement différentes: deux prisonniers dans le même épisode auraient pu être clairement de trop si le traitement n’avait pas été à ce point différenciant, et là je ne me suis pas ennuyé. Pour moi, les meilleures scènes de cet épisode – abstraction faite du jeu terrible de Tracy Spiridakos – étaient ces scènes de captivité.

Au niveau du sombre et de l’humour, il fallait surtout s’attarder sur les scènes où Miles était en cage. Je pense notamment à cet échange avec Mason, devenu shérif parce que son grand-père lui contait souvent les exploits d’un Texas Ranger du nom de Walker et dont les exploits sont connus même hors du Texas. Ca pourrait ne paraître qu’anecdotique, mais c’est ce genre de clin d’oeil qui donnent un peu plus de réalité à cette série au contexte très éloigné de ce que nous vivons aujourd’hui.

La découverte de ce qui se trame derrière la porte rouge fait froid dans le dos parce que tout n’a été qu’effleuré pour nous laisser imaginer le pire. Certes, Titus Andover (Matt Ross) est un personnage horrible, probablement ancien pédophile, et très clairement instigateur de petites expériences bien dégueulasses… Pourtant, il y a quelque chose de relativement comique chez lui, comme le souligne Miles lorsqu’il lui prononce encore une réplique mémorable juste avant de se faire briser une main dans l’indifférence la plus totale:

« Si vous avez prévu de me tuer: faîtes-le. Mais franchement… fermez-là ! »

Miles Matheson (Billy Burke)

Revolution (c) NBC

Jessica Collins (Cynthia)

Second moment fort de l’épisode avec Neville, qui s’est découvert un nouveau but: assassiner la secrétaire d’Etat Justine Allenford (Nicole Ari Parker). Pour mettre son plan à exécution, il recrute son fils Jason (JD Pardo) et un type drôlement remonté qui fit également parmi les réfugiés et qui ne pense qu’à venger la mort de sa femme et de son fils dans les bombardements desquels il tient responsable l’ancien Gouvernement des Etats-Unis au service desquels étaient les Patriotes. Le retournement de situation lié à l’assassinat de la jeune femme tombe en partie à l’eau parce que Neville insiste un peu trop lourdement sur les torts de ce Gouvernement qui a préféré prendre la fuite au moment du blackout… un peu comme si tout était prévu pour exciter au maximum la haine et l’esprit de vengeance de son nouvel allié. Et ça ne loupe pas par la suite: Neville abat froidement son allié, passant ainsi pour un patriote pour avoir sauvé la jeune femme. Un plan savamment mûri qu’il n’avait pourtant pas voulu partager avec son fils, donnant ainsi l’impression que lui non plus n’est rien de plus qu’un pion sur son échiquier. Clairement, Neville a besoin de retrouver un poste important au service d’une personne importante…

La fin de l’épisode demeure relativement prévisible, parce qu’on se doutait que Charlie ne rattraperait pas seule Monroe (David Lyons) pour lui régler son compte en seulement deux épisodes là où d’autres personnages sont sur le coup depuis ds mois. Cet échec offre aux scénaristes la possibilité de poursuivre cette storyline – j’espère – avec inventivité pour éviter que les spectateurs ne se lassent ou de définitivement faire passer Charlie pour une incapable si Monroe lui échappe toutes les semaines (ça pourrait même devenir LE gag récurrent de la série ^^).

Rating: ★★★☆☆
Avis: Les meilleures scènes se résument aux scènes de captivité de Miles, et – dans un second temps – à celles de Charlie. J’attends impatiemment d’autres indices sur ces rats morts, sur ces particules luminescentes et sur les visions d’Aaron tout en trouvant ces éléments un peu moins intrigants que tout ce trafic de sang autour de la jeune femme que l’on voit en toute fin d’épisode. Comme beaucoup je pense, je me laisse distraire par les intrigues secondaires et perds de vue l’histoire principale de Revolution, ce qui n’est pas étonnant quand on voit le peu de soin apporté au développement de cette histoire principale par rapport au soin presque chirurgical avec lequel on met en place les intrigues secondaires.

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