Review: Agents of SHIELD « 0-8-4 »

Agents of SHIELD (c) ABC Studios

Agents of SHIELD (c) ABC Studios
Fitz (Iain de Caestecker)

La semaine dernière, nous avons découvert le pilote de Agents of SHIELD qui m’avait moyennement convaincu. L’épisode de la semaine dernière était donc l’occasion pour la série de passer son premier crash test, au moment où les fans convaincus vont se ruer sur le second épisode parce que le pilote les a séduits, et les plus amers détracteurs vont tenter de l’oublier parce qu’ils auront été déçus. Ni fan, ni détracteur, j’ai regardé attentivement « 0-8-4 » avec l’espoir d’être embarqué dans l’histoire, de trouver une aspérité séduisante à ces personnages stéréotypés beaucoup trop lisses…

Ce second épisode démarre tout de suite après la fin du précédent, où on nous annonçait un 0-8-4 qui ne signifiait pas grand chose pour nous, pauvres civils ignorants. L’équipe doit donc se déplacer… Avec le recul, je me demande si on nous précise où, ou si c’est un détail moins important que la déferlante d’effets spéciaux que ce déplacement va engendrer – mention spéciale à cet énorme avion difforme défiant toutes les lois de la gravité avant même de quitter le tarmac. C’est assez brouillon au niveau de la mise en place, et on passe pourtant déjà à autre chose. Un focus sur les personnages ! Enfin ! Fitz (Iain de Caestecker) et Simmons (Elizabeth Henstridge) sont toujours aussi identiques, ce qui me laisse pressentir que l’un des deux pourrait se faire descendre assez rapidement puisque rien ne rend l’un plus sympathique que l’autre. C’est un peu comme s’il y avait un quota de tech guy à inclure pour que la composition de l’équipe fasse réaliste… sauf que manque de bol, les personnages ne sont en rien mémorables, et les acteurs ne brillent pas non plus par leur présence. Et c’est bien dommage. Mais la tendance est aux scientifiques transparents et sans personnalités; ça laisse plus de champ aux agents de terrain au brushing impeccable (Brett Dalton). A croire qu’il n’y a que des séries comme CSI, NCIS ou Bones qui puissent offrir une vraie place aux scientifiques composant leurs équipes, et à les doter d’une personnalité plutôt que d’en faire un archétype lambda de scientifique coincé qui ne parle que pour communique une information technique. Du coup, c’est loupé pour le focus sur les personnages de Fitz et Simmons.

Second espoir de focus – réussi – sur les personnages: Melina May (Ming-Na Wen) et Ward remettent en question la composition de l’équipe et le fait que trop de « jeunes » soient de la partie… Mais en fait non, ça tombe une nouvelle fois à l’eau. Alors on prend son mal en patience et on se dit que l’action va une nouvelle fois constituer le nerfs et le point fort de ce second épisode. Parce qu’après tout, il n’y a pas besoin de personnages crédibles et construits pour faire une bonne série qui enthousiasme les foules; il n’y a qu’à regarder Glee pour en avoir une démonstration flagrante !

Agents of SHIELD (c) ABC Studios

« Jamais vu un scénario aussi béton ! »

Concentrons-nous alors sur l’action, puisqu’il n’y a rien d’autre à se mettre sous la dent. Les clins d’oeils aux Avengers de cette semaine concernant Tony Stark et Thor. S’il faut quand même accorder une chose à Agents of SHIELD, c’est cette manière de faire du neuf avec de forts liens avec du « vieux ». Je ne sais pas si ça continuera de fonctionner sur la longueur ou s’il y a des gens qui seront clients de ça jusqu’au bout, mais pour ma part au-delà du petit défi de la semaine que représente le repérage de bâtiments, d’affiches ou de phrase faisant écho à l’univers Marvel ou aux personnages ayant fait l’objet d’un film, ça s’arrête là. Capitaliser sur les films pour faire marcher une série, ça ne suffit pas, et pour moi, il faut quand même un minimum de travail sur les personnages et sur le scénario.

Après découverte d’un artefact dans un coin reculé de la planète, l’équipe se déplace pour aller effectuer toute une série de relevés autour du mystérieux objet. Au final, l’épisode est un gros mix entre Indiana Jones et de l’Agence Tous Risques, qui est quand même assez intéressant. Je me suis malgré tout demandé si cet artefact n’avait pas été qu’un prétexte à une déferlante d’effets spéciaux pas toujours justifiés (à la limite, si une partie de ce budget pouvait être réaffecté par ABC sur Once Upon a Time, ça leur rendrait service je pense…) mais malgré tout d’excellente facture.

Beaucoup de choses tirées par les cheveux dans cet épisode, qu’il s’agisse d’un objet capable de créer des ondes de choc qui ne frappent que les vilains de la semaine et aucun des protagonistes (même si ceux-ci se trouvent à portée et/ou dans la ligne de mire), les idées géniales en vol à base de canot gonflable, ou le fait que la vilaine de la semaine ait été transparente comme pas permis dès ses premières secondes à l’écran (une ennemie qui m’a un peu rappelé Poison Ivy dans the Wolverine, qui avait brillé pour les mêmes raisons).

Même chose que la semaine dernière, on nous balance un élément intriguant en fin d’épisode pour nous tenir en haleine jusqu’à la semaine prochaine: Skye est un agent double. Un peu léger pour parler de cliffhanger… mais pour le coup, il y a largement de quoi rivaliser avec l’épisode de Revolution de la semaine dernière !

Rating: ★★☆☆☆
Avis: Bien que basée sur une franchise installée, grosse déception vis à vis de Agents of SHIELD. J’aime le boulot de Whedon. J’aime Marvel. Mais la série ne rend justice à aucun des deux univers et se contente de surfer sur le succès des adaptations Marvel sans trop se fouler côté scénario ou côté personnages.

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