Review: Game of Thrones « Dark Wings, Dark Words »

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Game of Thrones (c) HBO
Maisie Williams (Arya Stark)

« Dark Wings, Dark Words » nous offre une nouvelle référence à l’un des tous premiers épisodes de la série, et relative aux corbeaux, chargés de transporter les messages sur de longues distances et – notamment – des messages pas toujours très réjouissants. Un maximum de choses ont été insérées dans le series premiere, mais tout n’a pas pu y avoir sa place. C’est donc pour cela que « Dark Wings, Dark Words » suit assez longuement tous les oubliés du premier épisode, lui conférant quasiment le statut de seconde partie beaucoup plus que d’épisode 2 à part entière. L’on retrouve donc avec une certaine impatience Arya (Maisie Williams), Bran (Isaac Hempstead-Wright) et leur suite, ainsi que Brienne (Gwendoline Christie) et Jaime (Nicolaj Coster-Waldlau). Et bien entendu pour assurer la continuité, on s’appesantit un peu sur la relation en construction Joffrey (Jack Gleeson) / Margaery (Natalie Dormer) et globalement sur les personnages aperçus dans l’épisode précédent. Le résultat offre un patchwork savamment composé mais parfois difficile à suivre en raison de la richesse de l’univers, et l’on passe ainsi d’un coin du royaume à un autre, d’une maison à une autre en quelques minutes – et bonjour les sensations d’étourdissement.

L’épisode est un immense croisement où chaque personnage important rencontre ou un ami ou un ennemi; le tout formant au final un entrelacs complexe de relations parfois scrutées avec attention, parfois simplement présentées de manière sommaire. Dans cet épisode, chacun reçoit sa dose de mauvaises nouvelles, avec un petit supplément pour certains, comme notamment Catelyn Stark (Michelle Fairley), qui en plus de la mort de son père Holster Tully apprend que Winterfell a été mise à sac et que ses fils sont portés disparus…

Thomas Sangster (Jojen Reed)

Thomas Sangster (Jojen Reed)

Fils l’on retrouve enfin, sur la route menant au Mur, et sous la protection de Osha (Natalia Tena) et Hodor (Kristian Nairn). Bien décidés à rejoindre leur frère Jon Snow (Kit Harrington), les réfugiés Stark sont sur les routes et essaient de se faire discrets. Mais c’est sans compter sur Jojen et Meera Reed (Thomas Sangster et Ellie Kendrick) qui viennent à leur rencontre dans la forêt. C’est à ce moment précis que le lien se fait entre ce sauvageon capable de voir par les yeux d’un faucon, et les curieux rêves de Bran. L’arrivée de Jojen introduit les Warg, ces êtres capables de voir temporairement par les yeux d’animaux, et ce dernier semble bien décidé à apprendre au jeune Bran à contrôler son don.

Le dernier membre disparu du clan Stark, Arya, voyage toujours en compagnie de Gendry (Joe Dempsie) et Hot Pie (Ben Hawkey). Ils croisent la route de la Fraternité sans Bannière, un groupe de combattants / hors la loi – le doute est permis – qui prétendent avoir pour mission de sauver Westeros. On avait déjà pu entendre parler d’eux au cours de la saison 2 par Lord Tywin Lannister, lorsqu’il évoquait la possibilité de brûler des villages jusqu’à ce qu’il les retrouve… Ce petit groupe n’est pas dans les petits papiers des Lannister, mais il ne semble pas non plus tenir Robb Stark en haute estime. Attablés avec eux dans une taverne après une rencontre assez mouvementée, Arya est finalement reconnue par Sandor « the Hound » Clegane (Rory McCann), impitoyable serviteur des Lannister en cavale et à présent prisonnier. Le petit groupe prend alors conscience de la véritable identité d’Arya, laissant sans doute présager quelques mésaventures pour la suite…

Theon Greyjoy (Alfie Allen) n’est pas mort, et ceux qui l’ont capturé en sont absolument ravis. Tellement ravis qu’ils sautent sur l’occasion pour le torturer copieusement et avec un sadisme appréciable (oui, parce qu’il ne fallait pas attaquer Winterfell…). Nous ne savons en revanche pas qui le retient, parce que la dernière fois qu’il est apparu à l’écran, ses propres soldats se retournaient contre lui et l’assommaient. Mais tout ne semble pas perdu pour lui, parce qu’il semble avoir un allié (Iwan Rheon) prêt à l’aider à s’échapper.

L’autre grand moment de cet épisode, c’est l’apparition de Diana Rigg, actrice britannique connue notamment pour le rôle d’Emma Peel aux côtés de Patrick Macnee dans la mythique série the Avengers (!) en tant que Lady Olenna. Le personnage est haut en couleur, a son franc-parler et n’est pas dupe: Sansa a beau dire ce qu’elle veut et chanter les louanges de Joffrey de manière aussi convaincante que possible – donc pas très bien – Lady Olenna comme Margaery ne sont pas dupe une seule seconde et essaient de lui faire cracher le morceau, promettant que ça resterait entre elles… Et la pauvre Sansa ne met gère longtemps avant d’admettre que Joffrey est un monstre. Une révélation accueillie de manière assez sereine par Margaery, haussement de sourcil et sourire entendu à l’appui, parce qu’on a déjà décidé de son sort. Le mariage aura donc bien lieu – nous voilà partiellement rassurés.

Nathalie Dormer (Margaery) et Jack Gleeson (Joffrey)

Nathalie Dormer (Margaery) et Jack Gleeson (Joffrey)

Margaery s’impose réellement comme l’un des personnages à surveiller cette saison, en qualité de joueuse très habile. L’habileté avec laquelle elle est capable de mettre son ressenti entre parenthèses pour parvenir à ses fins a quelque chose d’assez effrayant. Joffrey lui fait remarquer qu’elle a failli à son devoir de Reine en ne donnant pas d’héritier à Lord Renly ? Margaery n’est pas coupable, a fait tout ce qu’il fallait.. mais ne pouvait attirer l’attention de Renly sur elle alors que les hommes avaient très clairement sa préférence. La jeune femme, derrière son air fragile et ses sourires polis, est en pleine phase d’apprivoisement de Joffrey. Une tâche qu’elle a à coeur d’accomplir, minaudant aussi souvent que faire se peut, et buvant littéralement les paroles de son futur époux – même les plus banales. Margaery apparait comme une sorte de caméléon, véritable animal politique qui sait instinctivement quoi dire, quoi faire et comment se comporter pour obtenir l’effet escompté, là où toute personne beaucoup moins douée (ou normalement constituée) se serait enfuie en courant ou aurait rendu son dernier repas devant la manoeuvre de séduction de Joffrey. Margaery trouvera aisément sa place au sein de sa future nouvelle famille, marchant très clairement dans les traces de Cersei, mais avec moins de mépris et avec un sourire innocent qui lui permet, lentement mais sûrement, de désarmer Joffrey au propre comme au figuré, travaillant minutieusement à l’obtention de son affection. Une manipulatrice de haut vol, donc.

On retrouve également Jaime Lannister et Brienne, et leur échange copieux de mots plus ou moins doux. A coup de provocations , Jaime réussit à faire perdre patience à sa gardienne et profite de ce moment d’égarement pour lui dérober une épée et tenter de s’évader… en vain, parce que même si la jeune femme n’est pas la plus habile à l’épée, Jaime est largement handicapé par ses chaînes et se révèle incapable de fuir. Un combat s’engage alors sur un pont où tout le monde pourrait les voir. Et bien entendu, l’épisode se termine au moment où des hommes armés les surprennent…

Rating: ★★★★☆
Avis: Peu d’action en dehors de l’affrontement entre Jaime et Brienne, qui continuent de développer leurs personnages. En revanche, beaucoup d’autres indices et éléments ont été semés en prévision de la suite… De l’humour, avec une mention spéciale pour l’inventivité de Jaime en termes d’insultes ou les petites réflexions d’Olenna Tyrell qui pourrait pour le coup pratiquement rivaliser avec Tyrion Lannister sur le sujet, en sachant que ce dernier n’est que très peu apparu au cours de cet épisode. Au final, on renoue avec les grands oubliés du series premiere tout en découvrant de nouveaux personnages; un subtil mélange pour un épisode qui reste dans la continuité.

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