Review: Doctor Who « The Crimson Horror »

Doctor Who "the Crimson Horror"

Doctor Who (c) BBC
Matt Smith (le Doctor), Jenna-Louise Coleman (Clara Oswald)

« The Crimson Horror » est un épisode écrit par Mark Gatiss, heureux interprète de Mycroft Holmes dans la série Sherlock de la  BBC ou – plus récemment – du Prince Charles dans la pièce 55 Days, et scénariste récurrent de la franchise Doctor Who (on pourra citer notamment « the Unquiet Dead » (S01E03), « the Idiot’s Lantern » (S02E07), « Victory of the Daleks » (S05E03), « Night terrors » (S06E09) et, plus récemment de « Cold War » (S07E09). Voir Mark Gatiss associé à l’écriture d’un épisode laisse souvent présager d’un épisode intéressant mais avec quelques longueurs. Et « the Crimson Horror » n’échappe pas à la règle.

L’histoire est, à mon goût, très étrange. Mme Gillyflower (Diana Rigg), une vielle femme complètement timbrée, recrute des jeunes « parfaits » pour son nouvel Eden au doux nom de Sweetville, en hommage au nom de son partenaire que l’on ne verra qu’à la fin de l’épisode. Elle possède une sorte de poison rouge dans lequel elle baigne les gens, la plus part en meurt, les autres sont en état de conservation. A priori, l’idée est de les garder, déclencher la mort de tout le monde et repeupler la planète avec cette élite. En réalité, c’est un peu flou, le méchant de notre histoire – une larve alimentée Mme Gillyflower – est inexistant et ne possède pas vraiment de plan hormis celui de détruire la terre (bienvenue dans l’ère Russel T. Davies où le monde entier était visé à chaque fois) mais qui ne semble pas avoir de raison particulière pour le faire. Pourquoi détruire le monde ? PARCEQUEEEEEEE !

Doctor Who "the Crimson Horror"

Catrin Stewart (Jenny)

Tout le début de l’épisode se passe sans le Doctor (Matt Smith) et sans Clara (Jenna Louise Coleman), on retrouve le trio de choc (Vastra, Jenny et Strax) employé par un homme car son frère a été retrouvé mort, tout rouge, comme beaucoup d’autre. A noter que, quand l’homme verra le visage de Vastra (Neve mclntosh) il en tombera dans les pommes et, si cette scène fait sourire, ça en devient vitre très lourd car on le ne reverra que pour le voir s’évanouir encore et encore. Un personnage, donc, qui ne sert à rien hormis peut-être devoir faire quelque chose de comique à répétition. C’est Jenny (Catrin Stewart) qui sera envoyée pour mener l’enquête, elle se fait recruter pour rejoindre Sweetville et, farfouille pour retrouver le Doctor. Passage particulièrement long alors que Jenny le retrouve étonnement vite. Il est d’ailleurs tout rouge et pratiquement paralysé mais, hop, il entre dans une cabine, joue de son tournevis et le revoilà, tout beau, tout propre, tout content. Il va même jusqu’à embrasser Jenny qui lui collera une droite – bravo petite fille ! Et, comme si c’était logique, il dit devoir retrouver Clara à une Jenny très étonnée parce qu’elle la pensait morte (en même temps, la pauvre s’était arrêtée à la Clara gouvernante).

Moment sympathique de l’épisode, on se retrouve dans un flashback très bien monté (façon ancienne bobine et vieille photographie) où l’on apprend que le Doctor voulait entraîner Clara à Londres (manque de chance, il a atterri dans le Yorkshire) en 1983. Ce qui est un choix très étrange. Qu’est-ce qu’il cherchait à faire ? Confronter Clara à son ancienne vie ? Bref, à peine arrivé ils comprennent que y a beaucoup de morts, tous rouges, et ils décident donc d’enquêter sur place. Ils sont recrutés, le Doctor baigné dans le liquide rouge (on suppose que Clara aussi) mais est considéré comme n’ayant pas survécu à cette baignade – en tout cas il n’est pas « conservé ». mais la fille de Mme Gillyflower (aveugle) le retrouve, vivant (dans un sale état quand même) et décide de l’enfermer pour qu’il soit « son monstre ».

Doctor Who "the Crimson Horror"

Rachael Stirling (Ada Gillyflower)

Retour au présent ou le Doctor retrouve Clara (sous cloche parce qu’elle est conservée mais, en passant dans la bonne cabine elle retrouve la vie), il se trouve aussi une autre alliée en Ada (Rachael Stirling) – la fille aveugle de Mme Gillyflower – et tous ensemble ils découvrent que la vieille femme (qui conserve une sangsue sur elle – Mr Sweet) veut juste tuer tout le monde pour créer son nouveau monde. Il l’arrête, elle chute dans un escalier et meurt. Ada tuera la sangsue avec sa canne. Le monde est sauvé, fin de l’histoire.

Clara rentre chez elle. Sur l’ordinateur trois photos d’elle. Deux de ses précédents voyages et une autre de la Clara Gouvernante (donc, qu’elle ne comprend pas), c’est les gamins qu’elle garde qui les ont trouvés. Et comme ils sont trop intelligents, jamais ils n’ont pensé que c’était du montage, ou juste quelqu’un qui lui ressemblait. Non, ils ont compris qu’elle voyageait dans le temps et que son « petit ami » était un alien (selon le garçon, c’est à cause du menton) et, donc, si elle ne veut pas qu’ils la dénoncent à leur père alors, elle doit les emmener. Le sujet du prochain épisode.

Malgré les longueurs l’épisode reste sympathique par différent aspect. Sa finalité, dans un premier temps, parce que pour une fois tout l’épisode ne se résout pas en trois minutes et avec un tournevis sonique. Mention spéciale à Clara qui, à ce sujet, empêche le Doctor de s’en servir pour privilégier la destruction d’un panneau de contrôle avec une chaise. Ça commençait à devenir lassant l’utilisation de ce tournevis à tout bout de champ, comme pour solutionner une faille scénaristique.  Clara commence enfin à s’interroger sur elle-même, en comprenant que le Doctor lui cache beaucoup de choses… et c’est là aussi une excellente chose !

Strax (du trio gagnant qu’il forme avec Super-Jenny et Vastra) a envie de foncer dans le tas tout le temps, estimant même que 80% de perte civile n’est pas un si gros sacrifice que ça. Super-Jenny qui s’introduit partout et qui a sa petite scène de combat (trop courte, dommage) évitant ainsi une énième utilisation du tournevis pour se sortir d’une mauvais passe. Ce trio fonctionne très bien, même s’il ressemble plus à un duo dans cet épisode. Ce que je trouve dommage, c’est que le Doctor ne veuille pas se confier à eux en ce qui concerne Clara. Une mention spéciale pour Strax (Dan Starkey) qui rencontre un gamin du nom de Thomas qui lui donne une direction et qui devient le « GPS THOMas THOMas ».

Rachael Stirling dans le rôle d’Ada incarne parfaitement la fille qui croit avoir été mutilée par son père (et devenu aveugle à la suite de ça) et qui croit que sa mère va l’accepter dans son nouvel Eden pour… avant de finalement apprendre qu’au contraire, c’est sa mère qui a fait des essai sur elle et que cette dernière la rejette complètement parce qu’elle n’est pas parfaite. La manière dont elle tue la larve Mr Sweet est… adorable.

Du côté des points négatifs, on peut notamment citer la relation entre le Doctor et Clara. Dans l’épisode précédent, le Doctor semblait voir la jeune femme d’une nouvelle manière en comprenant qu’elle n’a pas conscience de ses autres vies, on dirait qu’il semble plus disposer à lui faire confiance. Alors, leur nouvelle complicité (car ils ont définitivement l’air d’être plus proche dans cet épisode) serait tout à fait logique si, dans l’épisode d’avant, tout le monde avait conservé ses souvenirs. Mais, quand quelque chose nous échappe, il ne nous reste véritablement qu’une solution de repli : Timey Wimey. Même chose pour les gamins dont Clara s’occupe, qui trouvent une photo et qui comprennent instantanément qu’elle voyage dans le temps et l’espace et que le Doctor est un alien. C’est évidemment ce à quoi on aurait TOUS pensé !

Le dernier point négatif concerne le « méchant » inexistant. Quand le Doctor explique à Mme Gillyflower que garder Mr Sweet peut être très dangereux entre de mauvaises mains et que le seul truc qu’elle trouve à répondre c’est : « J’ai des mauvaise mains», comment si c’était une justification suffisante. Au final, on se dit que les motivations ne sont pas super. Pour ce qui est de Mr Sweet, il faut croire qu’il ne fallait pas s’attendre à beaucoup de charisme venant d’une larve.

Rating: ★★★½☆
Avis: Épisode long à démarrer, un sens du rythme un peu chaotique mais tout de même plaisant ne serait-ce que par la présence du trio.  Je trouve dommage d’avoir un T.A.R.D.I.S avec une possibilité infinie de voyage et d’avoir un nouvel épisode qui se situe un peu dans le même contexte qu’un épisode précédent. « The Snowen » à bien fonctionné, alors on reprend les mêmes ingrédients, grosso-modo la même période, le même groupe, sauf qu’au lieu de placer l’action à Londres, on va faire ça dans le Yorkshire. Et puis, la fin, avec les gamins m’a fait un peu peur et – surtout – m’a fait penser à The Sarah Jane adventures. Ce qui – à mon avis – n’a rien à faire dans un épisode de Doctor Who.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *