Review: Doctor Who “Cold War”

Doctor Who (c) BBC

Doctor Who (c) BBC
Jenna Louise Coleman (Clara) et Matt Smith (le Docteur)

Dès le teaser de fin de “the Rings of Akhaten”, on nous avait promis des sous-marins nucléaires à la dérive et des marins russes paniqués prêts à tirer sur tout ce qui bouge. “Cold War” tient toutes ses promesses de ce point de vue, et nous présente les premières aventures sous-marines du onzième Doctor, incarné avec plus ou moins de brio par Matt Smith. Même remarque concernant le scénariste en chef Steven Moffat, qui a démontré qu’il était capable de nous laisser sans voix avec certaines aventures et de nous blaser profondément avec la suivante; le tout avec une irrégularité assez frustrante qui a déjà déstabilisé bon nombre de fans de la première heure.

Mais pas de calmar géant comme dans 20.000 lieues sous les mers ni d’horribles monstres marins tapis dans les abysses. Non, “Cold War” ne nous donne rien de tout cela. A la place: trombes d’eau, claustrophobie, instincts grégaires… et rebondissements. Le résultat n’est à mon avis pas aussi fluide que ce qu’il aurait pu être, avec des moments où l’on ressent presque la même sensation de claustrophobie que les personnages, et d’autres où on s’ennuie quand même un peu. L’action aurait sans doute mérité un peu plus de travail à ce titre, parce que très clairement, le fait que l’épisode se déroule sous l’eau et dans un sous-marin ne suffit pas à maintenir en haleine pendant 45 minutes… mais Mark Gatiss, scénariste de cet épisode, fait revivre un ennemi sans doute disparu des mémoires en la personne du Grand Marshall Skaldak. Point d’intérêt notable de l’épisode à côté duquel les fans de la première ne passeront pas: la créature échappée du bloc de glace est un Guerrier des glaces de Mars, une espèce présentée pour la première fois dans un épisode de Doctor Who vieux de près de 40 ans ! Un personnage connu pour sa manière un peu psychopathe de résoudre les problèmes sans se soucier des conséquences et qui nous apparaît dépoussiéré, moins kitsch, et horriblement plus inquiétant…

Doctor Who "Cold War"

C’est ce qu’on appelle toucher le fond…

Le T.A.R.D.I.S emmène le Docteur et Clara (Jenna-Louise Coleman) dans un sous-marin russe – jusqu’ici rien de bien extraordinaire si ce n’est la destination elle-même. Cependant, l’apparente normalité (le mot est à manier avec précaution dans Doctor Who) de cette situation ne tarde pas à disparaître lorsque les instruments de bord commencent à s’affoler, et le sous-marin à sombrer… Bien entendu, les marins commencent à soupçonner les deux nouveaux arrivants d’être à l’origine de cet incident et les identifient tout de suite comme des ennemis potentiels.

Problème de taille: le T.A.R.D.I.S se fait la belle dès le début de l’épisode, empêchant ainsi toute tentative de fuite ou de sauvetage. Un évènement qui choque grandement Clara, peu habituée à se trouver dans ce genre de situation où la mort semble être la seule issue. D’après le Doctor, il semblerait qu’elle ait simplement pris peur et se soir relocalisée dans un endroit sûr… ce qui dans le fond n’est pas très surprenant lorsqu’on sait que cette brave petite cabine téléphonique bleue est un organisme vivant et non un simple vaisseau spatial. Avec leur unique moyen de se sortir de cette situation, tous sont obligés de composer avec la situation. Ce qui nous ramène à l’une des toutes premières scènes: un bloc de glace supposé contenir un mammouth a été chargé à bord dans le but d’être étudié par un vieux scientifique. Un bloc de glace qu’un marin beaucoup trop curieux a voulu briser pour voir ce qui y était emprisonné… et qui libère quelque chose dans le sous-marin. Quelque chose de dangereux, forcément, sinon c’est tout de suite moins angoissant.

Jenna-Louise Coleman (Clara Oswald)

Jenna-Louise Coleman (Clara Oswald), négociatrice en herbe.

Skaldak essaie de reprendre contact avec son peuple sans réel succès et panique de manière très légitime, devenant ainsi beaucoup plus inquiétant et menaçant pour le reste de l’équipage. La scène dans laquelle le Doctor envoie Clara parlementer avec l’alien est d’ailleurs riche en tension, avant de devenir réellement angoissante lorsque la jeune fille s’aperçoit que la combinaison métallique n’est plus qu’une enveloppe vide parce que Skaldak est quelque part, tapi dans l’ombre et non loin d’elle… A partir de ce point, on ne comprend plus trop les motivations de Skaldak qui est passé du stade du guerrier souhaitant qu’on le traite avec respect à celui d’alien psychotique que personne ne comprend tant ses actions sont aléatoires. Cela contribue d’ailleurs à augmenter la sensation d’urgence vis à vis de la situation de tous dans ce sous-marin: le manque d’oxygène ou la non-résistance de la structure du sous-marin ne sont plus les seules menaces, Skaldak peut aussi tous les tuer si l’envie lui prend… et personne ne pourra rien y faire parce qu’il n’y à aucune échappatoire possible.

Plus rien ne semble pouvoir débloquer la situation lorsque Skaldak envisage d’utiliser les armes nucléaires du sous-marin pour démarrer une guerre qui engendrera des millions de morts – rappelons qu’à l’époque où ce déroule cet épisode, une frappe nucléaire russe peut avoir des conséquences désastreuses en Europe dans le cas de représailles américaines. Ni le Doctor, ni Clara ne parviennent à réellement lui faire abandonner cette idée meurtrière, et la situation ne se débloque vraiment qu’après un certain nombre de morts et d’infiltrations de litres d’eau dans le sous-marin, lorsqu’un vaisseau de Guerriers des glaces répond à l’appel de détresse de Skaldak. Ce dernier est téléporté hors du sous-marin, et il se passe encore quelques secondes – de réflexion, sans doute – avant qu’il ne désarme le système de lancement des missiles, au grand soulagement de tout le monde.

Rating: ★★★☆☆
Avis: Malgré quelques passages un peu trop longs à mon goût, “Cold War” était un épisode intéressant et bien construit. Mark Gatiss nous a donné du drame, de l’horreur et de la paranoïa mais a également su équilibrer l’ensemble avec quelques échanges assez drôles, comme notamment lorsque Clara s’étonne de parler russe (on aurait tous besoin d’un T.A.R.D.I.S pour améliorer notre niveau en langue vivante). J’ai également beaucoup aimé le fait que Clara insiste pour se rendre utile et ne reste pas les bras ballants à attendre que le Doctor décide de tout pour elle: elle s’est mise en danger et a essayé de raisonner Skaldak, ce qui a quand même contribué à faire avancer les choses. Je suis également assez curieuse d’en savoir plus sur Clara, qui est intrigante pour pas mal de raisons (notamment le fait que le T.A.R.D.I.S ne l’aime pas).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *