Review: Scorpion “Pilot”

Scorpion (c) CBS

Scorpion (c) CBS

Créée par Nick Santora (Prison Break, Lie to me, Breakout Kings…) et très librement basée sur la vie du génial hacker Walter O’Brien, Scorpion est une série d’action dans laquelle un groupe de geeks bien caricaturaux collaborent avec les autorités pour résoudre des crimes technologiques. Réalisé par Justin Lin (Fast & Furious), le pilote de la série a été diffusé le 22 septembre sur la chaîne américaine CBS, et cinq épisodes ont déjà été diffusés.

De manière assez systématique à la télévision, on a tendance à taper assez généreusement sur les geeks et à leur attribuer tous les défauts et manies agaçantes imaginables. Ça n’est pas récent – malheureusement – et on nous présente souvent un gros boutonneux au physique pas forcément favorable, un peu déphasé, portant des chemises à carreaux et/ou des t-shirts à messages, des lunettes à grosses monture et ayant une passion difficilement compréhensible pour les comics, les pièces détachées d’ordinateurs, la malbouffe, et Star Trek.

Je savais déjà depuis un moment que pour trouver des séries intéressantes un peu originales et avec des personnages crédibles, il ne fallait vraiment pas m’attendre à des miracles de la part de CBS. Je savais également que pour tout ce qui était “geek”, il ne fallait pas non plus s’attendre à de la subtilité de la part de CBS – merci the Big Bang theory. Je le savais… mais je suis quand même tombé dans le panneau, attiré par un trailer qui annonçait quelque chose qui avait l’air plutôt sympathique.

Ca parle de quoi ?

Walter O’Brien, surnommé “Scorpion”, un homme possédant le 4ème Q.I. le plus élevé du monde, a recruté quelques-uns des plus grands génies de la planète pour fonder une société chargée de résoudre des crises urgentes et d’ampleur considérable, de celles que même la CIA ne parvient pas à régler seule. Inadaptés socialement, ils apprennent ensemble à vivre en communauté, à dépasser leurs peurs, leurs phobies et à vaincre leur solitude…

[ Allociné ]

La série suit les aventures d’un groupe de génies qui se connaissent déjà tous – ça évite d’avoir à développer les relations, le pourquoi du comment ils se sont rencontrés… – et qui reçoivent la visite d’un agent du FBI incarné par un Robert Patrick (the X-Files, Terminator 2… ) qui a très mal vieilli et qui a besoin d’eux pour résoudre une situation sur laquelle les experts de son service ou des autres agences secrètes se sont déjà cassé les dents. Je passe rapidement sur le fait que le concept de la série a déjà été vu et revu un peu partout, mais on peut malgré tout se dire que la série peut quand même être regardable.

La situation de crise implique un Boeing plein à craquer et une tour de contrôle de l’aéroport de Los Angeles qui a connu une mise à jour système toute aussi foireuse que les mises à jour de Windows 7 et qui a donc besoin d’une réinitialisation. Pour cela, comme tout est volontairement compliqué pour proposer une scène spectaculaire, le souci sera résolu avec un câble Ethernet et une Ferrari… Je n’en dirais pas d’avantage, pas pour maintenir le suspense, mais bien parce que cette scène était absurde au possible.

Plus précisément, l’attention est focalisée sur le personnage de Walter O’Brien, incarné par Elyes Gabel (Casualty, Body of ProofWorld War Z…), réputé pour être le quatrième homme le plus intelligent du monde. On nous assomme d’entrée avec un flashback nous permettant de constater qu’effectivement, même tout petit, Walter était déjà TRÈS intelligent – suffisamment pour se faire embarquer par le FBI sous les yeux de sa mère pour avoir piraté un truc visiblement important, style serveur de la NASA. On poursuit avec une scène de nos jours, et Walter a monté une entreprise installée un peu en mode camping dans des bureaux de fortune, et a recruté une équipe de gens à son image: géniaux, intelligents… mais bizarres, et handicapés des relations sociales. Vous l’aurez rapidement deviné, il s’agit là des clichés de geeks dont je parlais en introduction de cette review. Pour rester fidèle à l’esprit des créateurs de Scorpion, je ne m’embêterais pas à présenter ces personnages qui de toute manière ne servent qu’à décorer et à débiter du techno-blabla à intervalles réguliers pour bien nous faire avaler le fait qu’une personne intelligente et geek est incapable de s’exprimer normalement.

Le personnage principal est une caricature de branleur (je n’ai pas trouvé de mot plus poli) j’men-foutiste qui se sait plus intelligent que la moyenne et qui n’hésite pas à le faire savoir à tout le monde dès qu’une occasion se présente. A aucun moment, il n’inspire la sympathie ou tout autre sentiment qui n’implique pas de lui mettre des grosses baffes ou de l’enfermer dans un coffre de voiture pour les trois prochains jours. Mais Walter est aussi psychologue – cette blague ! – et donne des conseils sur le type d’éducation qu’une se

Mais sérieusement... ?

Scorpion a réuni plus de 14 millions de téléspectateurs devant son pilote et s’est maintenue la semaine suivante en réunissant 13.5 millions de téléspectateurs devant son second épisode “Single point of failure”. Je reste encore perplexe devant les audiences réalisées par la série mais je ne suis qu’à moitié étonné: il y avait de l’action, des personnages temporairement badass, du sentimentalisme à deux balles et beaucoup de patriotisme… alors forcément, ça a plutôt bien fonctionné. Pour ma part, j’arrête là les frais avec Scorpion comme j’ai arrêté les frais avec the Big Bang theory: au milieu du second épisode…

Rating: ½☆☆☆☆
Avis: Des personnages beaucoup trop stéréotypés, des dialogues vides, un casting aussi expressif qu’un bloc de glace et un enchaînement de scènes toutes plus absurdes les unes que les autres… On ne m’y reprendra plus à m’enthousiasmer par anticipation devant le trailer d’une série produite par CBS ! J’imagine assez facilement que Scorpion sera renouvelée pour une saison 2 et sûrement même une saison 3, qui dans les deux cas seront sans doute du même acabit que ce pilote.

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