Review: Doctor Who « Hide »

Doctor Who "Hide"

Doctor Who (c) BBC
Jenna-Louise Coleman (Clara Oswald) & Matt Smith (le Doctor)

Ca y est, c’est fait. Ce qui n’était pas censé être possible du point de vue de la théorie vient de se produire: un épisode de Doctor Who vient de passer sous la barre des 6 millions de télespectateurs. Steven Moffatt avait prédit de l’inédit, et là je serais vraiment de mauvaise foi si j’essayais de vous faire croire que cette chute continuelle des audiences n’était pas la seule chose réellement inédite de cette saison 7 ! Notons qu’en dehors de l’épisode de Noël « the Snowmen » qui avait réuni 9.87 millions de télespectateurs, aucun des épisodes de la série n’a réussi à créer l’engouement, avec un nombre de télespectateurs moyen en chute libre (-1 million de télespectateurs entre le series premiere « Asylum of the Daleks » et l’épisode suivant « Dinosaurs on a spaceship »), mais avec malgré tout avec quelques sursauts de temps à autre… Si « Cold War » avait présenté un intérêt grâce au traitement de l’histoire en milieu confiné et à la réapparition d’un personnage mythique du whoniverse, « Hide » nous présente une hystoire de fantômes. Au premier abord, ça avait l’air alléchant, aussi bien dans le trailer promotionnel que sur les multiples affiches annonçant l’épisode. Mais « Hide » n’avait très clairement rien d’aussi passionnant ou inédit que ce qu’on nous avait vanté au départ – d’où une grosse déception de ma part.

Les histoires de fantômes sont naturellement complexes et difficiles à mettre en scène, et si le surnaturel n’a que rarement eu sa place dans Doctor Who, il était assez facile de deviner que les fantômes en question seraient ou une nouvelle espèce d’extraterrestre, ou complètement autre chose. De ce point de vue, j’ai apprécié le fait que le suspense soit maintenu jusqu’au bout et que la solution ne tombe pas toute cuite, et comme tout le monde j’ai cru à l’existence de ce fantôme jusqu’à ce qu’on me prouve le contraire. Le fait était que, les manifestations étranges étaient bien là, et même la référence aux films Ghostbusters des premières minutes, et tous les éléments étaient combinés pour qu’on y croit. En ce sens, l’épisode aurait pu être vraiment original s’il s’était vraiment agi d’une histoire de fantômes… mais non.

Le Doctor (Matt Smith) et Clara (Jenna-Louise Coleman) rejoignent donc Alec Palmer (Dougray Scott) – un médecin – et Emma Grayling  (Jessica Raine) – une psychic empathe qui lui sert d’assistante – dans leur séjour dans un manoir hanté qu’il a acheté afin de pouvoir mieux étudier les phénomènes s’y déroulant. L’épisode se veut nuancé mais tire de grosses ficelles au point que le visionnage a vraiment été très pénible malgré tout l’amour que je porte à cette série; claustrophobique, mais Mark Gatiss a déjà fait beaucoup mieux dans « Cold War« … Alors que reste-t-il de vraiment génial à « Hide » pour se démarquer ? Je serais tentée de répondre: « rien »…

Le tandem enquête sur l’histoire d’un esprit maléfique qui hante la région depuis des décennies et apporta avec elle son lot de désagréments aux habitants. Et rapidement tout bascule: pas de fantôme, mais un voyage dans le temps et l’espace qui s’est simplement mal terminé, un lien ambigu entre le docteur et son assistante qui aurait mérité d’être approfondie parce que ça au moins c’était original (!)… et on n’en apprendra pas non plus davantage sur ce monstre étrange qui pourchassait la voyageuse et qui pourchassa également le Doctor. Mais tout est normal. Tout comme le fait que ce soit une nouvelle fois Clara qui trouve comment résoudre le problème de l’épisode et comment sauver le Doctor, ou qu’elle pilote le T.A.R.D.I.S sans aucune difficulté (rappelons qu’elle va au bon endroit et au bon moment pour récupérer le Doctor…).

Mais encore une fois, tout est normal.

Rating: ★☆☆☆☆
Avis: Je ne suis pas la première à le dire, mais cette escalade du spectaculaire commence à devenir lassante. Certes, la logique de promotion des épisodes à venir avec des artwork variés est un régal pour les yeux, mais à la scénarisation cela relève plus du « vite fait mal fait » qu’autre chose, dans le sens où développer une intrigue et des personnages secondaires en un épisode unique est déjà complexe, mais s’il faut en plus que tout soit résolu en fin d’épisode et que tout le monde se fasse des calins parce que tout finit bien, le format de 44 minutes est clairement trop court. En résulte une sensation d’inachevé pour les fans habitués aux intrigues montées et développées proprement sur une saison complète qui ne permettent certes pas de faire des folies au niveau de la promo ou de garantir du spectaculaire pour chaque épisode, mais qui ont AU MOINS le mérite de présenter une histoire sans donner l’impression que quelqu’un jette les éléments pêle-même pendant 30 minutes et résoud tous les problèmes dans les 10 dernières minutes de l’épisode au petit bonheur la chance… Ca, ajouté au fait qu’une fois encore c’est le compagnon qui trouve la solution à tout et sauve le Doctor, même si j’aime beaucoup Clara, trop c’est trop. Du coup sans trop faire de dessin: j’ai vraiment trouvé cet épisode mauvais parce que j’ai une fois encore eu cette sensation de « trop ». Trop d’effets, trop de promo, trop de compagnon-qui-sait-tout-et-sauve-le-monde et pas aussi de soin apporté à l’intrigue et au développement autour des personnages secondaires.

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