Review: Dawn of the Planet of the Apes (2014)

La Planète des Singes - l'affrontement (c) 20th Century Fox

La Planète des Singes – l’Affrontement (c) 20th Century Fox
– sorti dans les salles françaises le 26 juillet –

Basé sur le livre éponyme de Pierre Boule (le pont de la rivière Kwaï, les Contes de l’absurde…) et réalisé par Matt Reeves (Felicity, Miracles, Cloverfield…), la Planète des Singes – l’Affrontement est la suite du reboot de la franchise la Planète des Singes – les origines, sorti en 2011. Le film est sorti sur les écrans le 8 juillet aux Etats-Unis, et le 26 juillet dans les salles françaises. 

Tout le monde (ou presque) connaît La Planète des Singes, ce roman de science-fiction du français Pierre Boulle, publié en 1963. Le récit relate l’histoire d’un groupe d’hommes qui part explorer une planète semblable à la Terre où des singes sont l’espèce dominante et où l’humanité se retrouve diminuée à l’état d’animal.

Des adaptations à la pelle

Il ne fallut attendre que cinq ans après la sortie du roman (1968) pour voir le premier film tiré du livre: La Planète des Singes, réalisé par Franklin J.Schaffer, avec en vedette le (très) grand Charlton Heston. Le film a eu le droit à quatre suites : Le Secret de la planète des Singes (1970), Les Évadés de la Planète des Singes en (1971), La Conquête de la Planète des Singes (1972) et La Bataille de la Planète des Singes (1973). Ces quatre films ne sont qu’une partie de toutes les adaptations auxquelles le public a eu le droit depuis 50 ans, avec même la création en 1974 d’une série télévisée qui ne connut pas le succès et fut annulée après 14 épisodes.

Cependant cet échec n’empêche pas de nouveaux films de voir le jour: en 2001 c’est au tour de Tim Burton de nous faire découvrir sa version de La Planète des Singes avec un reboot d’une qualité très discutable. Le dernier film sorti – La Planète des Singes: les Origines – est à la fois une sorte de reboot et un préquel, puisqu’il raconte comment les singes ont pris le pouvoir sur les humains pour devenir l’espèce dominante.

Voilà ce qui nous amène à la Planète des Singes : l’Affrontement, sorti courant juillet 2014 un peu partout dans le monde. Il s’agit de la suite du reboot – oui, ça commence à faire beaucoup tout ça… – les Origines. On retrouve donc Matt Reeves aux commandes, en lieu et place de Rupert Wyatt (Subterrain, the Escapist…)qui a laissé tomber le projet, estimant que les délais de production étaient trop courts.

Du déjà-vu, version post-apocalyptique

Une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui a survécu au virus dévastateur qui s’est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre.

[ Allociné ]

L’histoire se déroule dix ans avant Les Origines, alors que la grippe simienne a décimé une grande partie de la race humaine. On retrouve un groupe d’humains qui cherche à prendre contact avec d’éventuels survivants, mais pour cela ils ont besoin d’électricité. Ils n’ont d’autre choix que de remettre le barrage alimentant la ville en marche, bien que celui-ci se trouve sur le territoire des singes. Il faudra alors qu’un petit groupe – constitué de personnages un peu trop stéréotypés – s’aventure sur les terres des primates afin de remettre le barrage en route. Pour cela, ils devront se faire accepter par César et les siens, qui restent méfiants vis-à-vis de l’espèce humaine.

La bande-annonce le montre, donc vous ne serez pas surpris de savoir que Malcolm, incarné par Jason Clarke (Des hommes sans loi, Zero Dark Thirty…), va se lier d’amitié avec César, toujours incarné par Andy Serkis (la trilogie Le Seigneur des Anneaux, King Kong…) tandis que Dreyfus, qu’incarne notre cher Gary Oldman désire décimer les singes pour assurer la survie des siens. Nous retrouvons donc César, chef de son clan, ainsi que père de deux enfants qui vit avec les siens dans la forêt bordant San Francisco (bien que ce soit tourné sur l’île de Vancouver ainsi qu’en Colombie Britannique), dans une sorte de petit village qu’ils ont bâti de leurs propres pattes, tandis que de leur côté les humains vivent dans un campement de fortune bien fortifié au cœur de San Francisco.

Il est inutile d’en dire plus sur l’histoire qui n’a rien d’exceptionnelle. On retrouve un scénario post-apocalyptique qu’on rencontre aujourd’hui dans de (trop) nombreux films. Cela ne nous apporte donc rien de nouveau ni de bien original de ce côté-là. En effet, retrouver une planète dévastée et amputée de la majorité de la population humaine, ce n’est pas quelque chose de nouveau (Waterworld, La Route, A.I Intelligence Artificielle, Terminator Renaissance, Le Livre d’Eli… et j’en passe !). On découvre alors une San Francisco quasiment déserte, avec une végétation qui reprend le dessus sur les constructions humaines (tiens, ça rappelle Je suis une légende). Vient avec cela un scénario prévisible dont on parvient à deviner la suite trop rapidement au fur et à mesure du film au point de se demander si on n’a pas un quelconque talent de medium. N’espérez pas être surpris par un quelconque rebondissement scénaristique, cela n’arrivera pas.

Mais même s’il est prévisible, le scénario n’est pas mauvais. Certes il reste banal en un sens, mais les événements sont bien amenés, l’histoire est bien construite et le rendu final est de bonne qualité malgré quelques longueurs, notamment le début et la fin du film qui mettent du temps à se mettre en place puis surtout à se conclure.

Finalement on apprécie de voir deux races lutter chacune de leur côté pour leur survie, isolées du reste du monde mais qui pourtant finissent par se croiser et se retrouvent à dépendre l’une de l’autre d’une certaine manière, notamment parce que des liens se créent entre les singes et les hommes alors qu’auparavant chacun haïssait l’autre. Les personnages sont tout de même attachants, et on éprouve un léger pincement au cœur en voyant la tournure prise par certains événements qui viennent contrecarrer l’harmonie qui se forme entre les personnages. Mais après tout, c’est bien le but du récit et finalement ressentir une chose pareille indique que les choses ont été faites intelligemment.

Si vous êtes à la recherche d’un bon blockbuster avec des scènes d’action à gogo il vous faudra être patient puisqu’en effet, le récit se concentre principalement sur la relation entre les humains et les singes, qui oscille entre l’amitié et l’inimitié avant de s’envenimer suite à un événement que l’on sent malheureusement arriver trop tôt dans le film. De ce point part enfin un déferlement d’action et des combats qui s’enchainent avec une folle violence. De ce côté, on a le droit à des scènes spectaculaires et très bien tournées, qui ne laissent pas le spectateur sur sa faim. Les singes sont de féroces guerriers qui montent des chevaux et usent de mitraillettes. Ces scènes sont supposées être sérieuses, mais je n’ai pu m’empêcher d’y voir un côté légèrement ridicule à ce que des singes se trouvent à chevaucher des bêtes, une arme à feu à la patte. Ce deuxième opus développe donc une histoire qui mène à un dénouement impliquant une suite (annoncée juste après la sortie de Les Origines) qui devrait arriver sur nos écrans d’ici 2017.

Bien sûr, ce qu’on attend particulièrement de voir dans ce film – comme dans tous les films de la franchise d’ailleurs – c’est l’apparence des primates. Jusqu’au film de Tim Burton les acteurs étaient affublés d’un costume de singe plus ou moins réussi (ceux du film de Burton n’étant pas de toute beauté), mais le reboot et sa suite utilisent la technologie de la Motion Capture, qui consiste à enregistrer les mouvements, positions, et expressions de personnes pour en contrôler une partie virtuelle sur ordinateur. C’est ainsi qu’Andy Serkis a profité de cette technique pour incarner des personnages comme Gollum, King Kong, le Capitaine Haddock et également celui de César. Tous les singes sont animés grâce à cette technique.

Et là il n’y a pas à dire, les effets spéciaux sont en tout point réussis. Chaque expression du visage des singes est fidèlement retranscrite, au point que l’on ne parvient plus à faire la différence avec des singes réels. Il est inutile de s’étendre sur ce sujet, le rendu visuel est incroyable, chose que l’on considère finalement comme normal pour un film à aussi gros budget. Et heureusement d’ailleurs, puisque sans ça il aurait été difficile d’accorder la moindre crédibilité à César et à ses camarades primates. Pour cela, on ne peut qu’admirer le travail phénoménal effectué par les équipes techniques pour développer le physique des primates aussi bien que les décors. Tout comme pour le film précédent, il faut s’attendre à une nomination aux Oscars dans la catégorie des « Meilleurs effets visuels ». On retrouverait donc notre singe César nominé aux… Oscars.

Mais ce qui est le plus admirable dans ce film, c’est le travail incroyable fourni par les acteurs. Ils ont fait montre de leur talent et on retrouve un Andy Serkis de grande qualité, comme à son habitude. À l’instar de celui-ci, tous les autres acteurs sont investis à fond dans leur travail et ça se voit à l’écran. Ceux qui incarnent des primates ont dû apprendre à se mouvoir comme un chimpanzé en usant de béquilles pour simuler leurs longs bras afin d’assurer un rendu ultra réaliste. Le succès de leur travail est illustré par le fait qu’on ne voit plus la distinction entre l’humain qui se trouve derrière toute cette technologie et le primate qu’ils jouent.

À leurs côtés, Gary Oldman (qui ne tient malheureusement qu’un rôle secondaire et qui est en réalité bien moins présent que ce que la bande annonce laissait présager) étale comme toujours ses talents d’acteur pour un rôle convainquant, même s’il est clair que ce ne sera pas une de ses plus grandes prestations. Jason Clarke (the Chicago Code, Public enemies…) ou Keri Russell (Mission Impossible 3, Waitress, the Americans…) sont convaincants et rendent leurs personnages suffisamment attachants pour qu’on ait envie de les retrouver dans le troisième film plutôt que de les voir renoncer comme l’a fait James Franco, qui n’a pas souhaité participer à ce nouvel opus.

Le film, comme tout le reste de l’histoire de La planète des singes, est inspiré des travaux de Charles Darwin. La théorie de l’Évolution veut que plusieurs rameaux d’une souche commune cherchent à se développer, et que la plus forte de toute survie tandis que les autres tendent à disparaître. C’est ce qu’on retrouve ici avec des êtres humains qui stagnent d’un côté tandis que de l’autre il y a les singes dont l’intelligence se développe en parallèle à de nombreuses capacités. Les deux clans ont des origines communes, mais seul le rameau le plus fort deviendra l’espèce dominante tandis que l’autre sera asservie par celle-ci.

Le film apporte une réflexion sur les conséquences que peuvent avoir toutes les expériences menées en laboratoire. Sans s’attendre à ce que cela arrive un jour, on s’imagine quand même qu’il y a un risque de voir une quelconque catastrophe survenir et qui pourrait nous causer du tort à tous. Une fois encore on se dit que l’être humain pourrait être le responsable de sa propre destruction et en réfléchissant à toutes les actions menées par l’Homme sur Terre, ce point de rupture peut paraître plus proche qu’on ne l’imagine. Voilà un nouveau film qui nous fait réfléchir aux conséquences de nos actes et qui nous fait comprendre qu’il faut méditer avec intelligence et agir après réflexion, au risque de le payer cher par la suite.

Rating: ★★½☆☆
Avis:  L’expérience visuelle est de taille, les chimpanzés sont plus vrais que nature et les décors sont bien recherchés. Le jeu d’acteur est bien maîtrisé, mais ce film ne fera pas partie de leur filmographie notable. Même si les différents rebondissements sont bien amenés le scénario reste bien trop bancal et bien trop prévisible. Il est plus agréable de se concentrer sur l’aspect visuel que scénaristique, et ça vaut sans doute bien plus le coup de lire le livre.

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