Preview: Selfie « Pilot »

Selfie (c) ABC Studios

Selfie (c) ABC Studios
– à suivre dès ce soir sur ABC –

Créée par Emily Kapnek (Aliens in America, Parks & Recreation, Suburgatory…) et réalisée par Julie Anne Robinson (Grey’s Anatomy, Weeds, Brooklyn nine-Nine…), Selfie est une série comique centrée sur un personnage complètement obsédée par les réseaux sociaux et par sa propre image. Le pilote de la série a été diffusé gratuitement et sur plusieurs plateformes légales bien avant sa première vraie diffusion télévisée. La série fera ses débuts sur le petit écran ce soir sur la chaîne américaine ABC. 

LOL (ou pas...)

A la suite d’une rupture humiliante qui a été filmée et qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux, Eliza, une jeune femme dans la vingtaine totalement obsédée par son image, devient la risée de ses collègues et de tout internet. Elle a tout à coup plus de « followers » qu’elle ne l’aurait jamais imaginé, mais toujours aucun véritable ami pour la réconforter. Néanmoins pleine de ressources, elle demande de l’aide à l’expert en marketing de sa boîte pour redorer son image. Mais l’opération s’annonce délicate : Eliza vit littéralement dans un monde parallèle…

[ Allociné ]

Selfie, c’est un peu un My Fair Lady à l’envers, avec non pas une Audrey Hepburn propulsée reine de beauté, mais une Karen Gillan (Doctor Who, Guardians of the Galaxy – dont on vous parlait il y a peu- …) super populaire sur les réseaux sociaux qui devient tout à coup la risée du net et de ses collègues de bureau. De là découlent un certain nombre de choses, comme notamment sa demande d’aide à l’expert marketing de l’entreprise où elle travaille.

Il y a quelque chose qui sonne un peu faux dans Selfie. Quelque chose qui m’a dépassée de très loin et qui a conduit la personne à côté de moi au moment du visionnage de ce pilote à s’endormir. Non, Selfie, ce n’est clairement pas LA nouvelle série qui vous fera hurler de rire toutes les 10 secondes (ou plus). Peut-être parce que l’histoire en elle-même a quelque chose de franchement tragique. Peut-être parce que je ne suis clairement pas dans la cible du programme et qu’il faut sans doute avoir 16 ans pour trouver drôle le fait qu’une personne vive complètement hors de la réalité parce qu’absorbée par son Moi virtuel… oui, ça doit être ça.

Si l’oeuvre de laquelle la série prétend s’inspirer est de qualité, l’écriture de Selfie est plutôt de mauvaise facture et et précipite trop les choses pour laisser le temps au spectateur de comprendre le peu qu’il y a à comprendre ou d’entamer pour lui-même une réflexion de fond.

Une héroïne qui mérite des claques

On en connait tou(te)s, des égocentriques qui passent leur temps à parler d’eux, qui se croient indispensable et prétendent à peu près tout savoir mieux que vous. Si si, on a tou(te)s dans notre entourage un accro des réseaux sociaux qui, portable vissé à la main jusque pendant les soirées entre ami(e)s, publie des choses sur lui en permanence et se met en scène pour obtenir l’attention de millions d’inconnus au lieu de profiter du moment présent… Ça, c’est Eliza, l’héroïne de Selfie. Si cette description vous la rend sympathique, c’est que vous êtes sans doute l’un de ces accros maladifs aux réseaux sociaux ou que vous avez 16 ans et que votre degré de « cool » dépend du nombre de likes que peut générer une photo de votre petit-déjeuner.

Eliza est incapable de formuler une phrase qui – en plus de ne pas parler d’elle – ne comporte aucune abréviation issue des réseaux sociaux. Et ça enchaîne, encore et encore, jusqu’à ce que le personnage ne soit plus seulement ridicule, mais complètement caricatural. Alors peut-être qu’au lieu de passer du temps à aligner les jeux de mots « cool » ou « branchés » dans les dialogues, il aurait peut-être mieux valu se concentrer sur le développement des personnages. Ou alors – pour ne pas non plus trop en demander – au moins sur le développement du personnage principal.

Un pilote bâclé

Le pilote est court (25 minutes) et il n’y a que peu de place pour un développement lent. Malgré tout… les choses vont beaucoup trop vite. En à peine 13 minutes, Eliza a déjà mis en application les conseils qui lui ont été donné et entamé un changement à la fois physique et moral… Oui, en seulement 13 minutes. Alors que se passera-t-il dans les épisodes suivants si le plus gros problème de la jeune femme est en partie réglé en seulement 13 minutes ? Bonne question.

Rating: ½☆☆☆☆
Avis: Blindée de jeux de mots sur les médias sociaux et dotée d’un casting fonctionnant plutôt bien (l’alchimie entre Karen Gillan et John Cho fonctionne bien), la série est loin très loin derrière Suburgatory, la série comique qu’ABC souhaite remplacer par Selfie. Tellement loin derrière qu’au final, j’ai peu ri devant Selfie. Je m’attendais à autre chose, mais certainement pas à ce que l’on m’invite à rire d’une pauvre fille complètement paumée, sans amis, et qui n’a rien d’autre pour se sentir exister qu’une poignée de followers. Le pilote est baclé, le personnage principal est une caricature de lui-même… clairement, la suite sera sans moi !

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