Review: the Host (2006)

the Host (c) Showbox Entertainment

The Host (c) Showbox Entertainment
Bae Doona (Park Nam-Joo)

A l’occasion de la 14ème éditon des Utopiales, nous avons pu assister à la projection de The Host (Gwoemul, pour son titre original), qui figurait dans la programmation des séances rétrospectives de films de science-fiction organisées pour cette édition. Co-écrit et réalisé Bong Joon- ho (Memories of Murder, et plus récemment avec Snowpiercer) et par Won-jun Ha, the Host est sorti en 2006 sur nos écrans.

Importé de Corée du Sud, the Host est un film assez bizarre qui s’intéresse à une créature mutante (ou mutée) mangeuse d’hommes. On ne sait pas très bien de quoi il s’agit, mais je dirais que ça ressemblait à une grosse truite, mais avec des jambes et des crocs. Et je crois qu’en trois lignes, tout est dit sur le film. Côté synopsis, on nous avait annoncé ça:

A Séoul, Park Hee-bong tient un petit snack au bord de la rivière Han où il vit avec les siens. Il y a son fils aîné, l’immature Gang-du, sa fille Nam-joo, une championne malchanceuse de tir à l’arc, et Nam-il, son fils cadet éternellement au chômage. Tous idolâtrent la petite Hyun-seo, la fille unique de Gang-du. Un jour, un monstre géant et inconnu jusqu’à présent, surgit des profondeurs de la rivière…

[ Allociné ]

Avec un tel synopsis, je ne sais même pas à quoi je m’attendais d’autre qu’à un monstre en images de synthèse et à des coréens qui courent en hurlant / se font bouffer en hurlant / meurent en hurlant. De ce point de vue, je n’ai pas été déçue, parce que c’est exactement ce que the Host a donné. Je crois en revanche que j’ai du être la seule abrutie à éclater de rire dès que la créature a fait son apparition à l’écran, et je m’en excuse une nouvelle fois auprès de mes voisins de rangée.

Pourquoi j’ai ri ? Parce que le monstre en question est une truite qui fait des saltos et fait des pointes de vitesse comme personne lorsqu’elle sprinte sur terre, à peine sortie de l’eau. Si ses jambes sont mal situées et doivent normalement l’empêcher de trouver un équilibre parfait, il n’en est rien dans les faits, et la truite court vite, manoeuvre comme Sebastien Loebb, et bouffe qui elle veut quand elle veut. Bref, la truite > all. Et après, on me demandera pourquoi je n’aime pas le poisson… !

Plus sérieusement, le protagoniste de the Host est un adolescent fainéant, Gang-du (Song Kang-ho), qui travaille au fast-food de son père, au bord du fleuve. On nous présente également sa soeur Nam-joo (Bae Doo-na) une championne de tir à l’arc, sa fille Huyn-seo, et son frère ambitieux, Nam-il (Park Hae-il). Gang-du travaille, mais vole également de la nourriture dans les assiettes des clients… un protagoniste dans lequel tout le monde aura envie de se reconnaître (ou pas). Tout bascule lorsque des passants remarquent une forme bizarre suspendue à un pont un peu plus loin, au-dessus de la rivière Han. La forme en question se décroche, disparaît dans l’eau… et se rapproche de la rive. Comme l’être humain est curieux, personne ne trouve rien d’autre à faire que de lancer à l’eau nourriture, vêtements… et à peu près pour voir si cela fait réagir la créature. Jusqu’ici, tout va bien…

Tout va bien jusqu’à ce que la créature-truite sorte de l’eau et commence à manger tout ceux qui se trouvent sur son chemin. Huyn-seo et Nam-il sont parmi les premiers à se faire manger, laissant Gang-du complètement dépité. Tout le monde tente de sauver sa peau, à l’heure où le Gouvernement prétend que la truite est porteuse d’un virus mystérieux qui pourrait bien avoir infecté toutes les personnes qui se seraient trouvées en contact avec elle. En sachant que tous ceux qui ont eu un contact avec la truite sont morts dévorrés ou démembrés, en fait cette histoire de pseudo-infection n’a rien de bien inquiétant sur le papier… Mais tout le monde y croit. Jusqu’à ce que Gang-du ne commence à se poser des questions après avoir reçu un appel émis par le téléphone portable de sa fille, qui est encore en vie. Mais qui est censée s’être faite bouffer 10 minutes après le début du film… Gné ?! Toujours est-il que sa fille est vivante, mais prise au piège dans un endroit inconnu… La famille de Gang-du se soustrait à la quarantaine et se met en quête des leurs dans une zone de la région désormais interdite. Ils deviennent rapidement la cible des agents du Gouvernement et de la truite monstrueuse (forcément).

The Host est super kitsch et fait appel à un humour assez difficile d’accès pour le public occidental – ou du moins, pour ceux qui n’y sont pas habitués. Il y a malgré tout quelques clins d’oeil amusants, comme notamment le fait que le Gouvernement justifie la naissance de ce monstre par le fait que les américains aient déversé des produits chimiques dans la rivière… Quand on sait que la rivière Han est l’une des plus polluées de Corée du Sud, le fait que les américains soient désignés comme les créateurs de ce monstre a quelque chose d’assez drôle (même si la pollution – elle – n’a rien de vraiment comique). Le reste repose sur un comique de situation parfois très prévisible.

Mais malgré tout, cela fonctionne comme un film d’horreur classique (Jaws, Godzilla…): une bourgade paisible est perturbée par l’arrivée d’une créature monstrueuse contre nature, ceux qui n’étaient que des anonymes deviennent des héros car c’est à eux de rétablir l’équilibre. The Host est un film de série B qui présente toutes les caractéristiques du film de SF raté, mais au final, c’est suffisamment peu courant de voir une région sauvée par un vieux, un ivrogne, une archère et un fainéant pour susciter quand même un peu d’intérêt.

Rating: ★★☆☆☆
Avis: Je l’ai dit plus haut, j’ai eu ce à quoi je m’attendais en regardant The Host, et même si j’ai quand même ri pendant certaines scènes, ce film ne m’a absolument pas convaincue (les effets spéciaux et le kitsch ne peuvent pas me convaincre à chaque fois).

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