Review: Tyrant

Tyrant (c) FX

Tyrant (c) FX
Adam Rayner (Barry Al Fayeed)

Créé par Gideon Raff (HatufimHomeland...) et réalisé par Michael Lehmann (Bored to Death, Dexter, Californication…) et David Yates (State of Play, Harry Potter and the Half-Blood Prince…), Tyrant est une mini-série de 10 épisodes qui nous amène à suivre les péripéties de la famille – les fils, plus précisément – de l’un derniers dictateurs du Moyen-Orient. La série est en cours de diffusion sur la chaîne américaine FX depuis le 24 juin. 

En entendant parler de cette série pour la première fois, j’ai beaucoup pensé au Parrain. Et je me demandais si les thèmes du pouvoir et de la famille seraient aussi bien développés dans Tyrant que dans le conte mafieux de Francis Ford Coppola. Mais bien évidemment, il n’est pas question du syndicat du crime local ou de la mafia, mais bien de l’impitoyable dictateur Abbudin, qui règne d’une poigne de fer sur son pays à la mode Saddam Hussein.

Ça parle de quoi ?

Au coeur d’un pays du Moyen-Orient où le temps des révoltes est à l’accalmie, son président, le tyran Khalid Al-Fayed, est sur le point de mourir. Son fils Jamal, craint par le peuple pour ses actes de barbarie, est son successeur naturel mais le vieil homme préfère confier cette tâche à son autre fils, Bassam, qui a choisi il y a longtemps de fuir les horreurs de la guerre pour refaire sa vie aux Etats-Unis. Devenu Barry, il est désormais médecin, marié et a deux enfants adolescents. A l’occasion du mariage de son neveu, il retourne avec sa petite famille au pays sans se douter qu’on va les forcer à y rester…

[ Allociné ]

Khaled Al-Fayeed (Nasser Faris), tyran notoire à la tête d’un empire colossal basé sur la terreur, a deux fils. Il y a d’abord Jamal (Ashraf Barhom), son successeur direct et son aîné, violent, capricieux et qui n’hésite pas à tuer comme si c’était la chose la plus naturelle au monde. Vient ensuite Barry (Adam Rayner), qui a préféré passer les 20 dernières années de sa vie aux Etats-Unis, menant une vie beaucoup plus rangée que son frère en tant que pédiatre, marié et père de deux enfants. Si le premier semble n’avoir aucun problème avec la manière dont le patriarche mène ses affaires ou les bains de sangs qui sont provoqués à sa gloire, Barry semble avoir beaucoup plus de mal avec ça et a jusque là fait son possible pour ne rien avoir à faire avec les sombres histoires de sa famille.

Mais vous vous doutez bien que les choses ne resteront pas ainsi bien longtemps: poussé par sa femme Molly (Jennifer Finnigan), Barry décide de retourner dans son pays natal à l’occasion du mariage de son neveu, emmenant avec lui ses enfants. Malgré tout, Barry est extrêmement réticent à l’idée de faire ce voyage. On imagine cependant assez facilement que la série n’aurait pas pu exister s’il avait tout bonnement refusé de quitter sa paisible vie américaine… Mais à part ça, il n’y a aucune raison valable pour que Barry se rende sur place, parce qu’il semble avoir plutôt bien tourné la page.

J’aurais aimé avoir quelques scènes supplémentaires pour un peu mieux expliquer les choses. Là, j’ai surtout eu l’impression qu’il n’aura fallu que deux mots de la femme de Barry pour le convaincre en moins de 30 secondes… et c’était un peu léger. La seule chose qui lui importe est de ne surtout pas rester là-bas, alors soit, sa femme promet qu’ils reviendront aux Etats-Unis. Mais l’important est là: Barry décide de faire le voyage malgré un horrible pressentiment persistant…

Une fois sur place, c’est un peu un choc de cultures, notamment lorsque Barry retrouve son frère Jamal qui a vraiment mal tourné et tient maintenant davantage du gangster imprévisible car sous ecstasy en permanence que du grand frère que l’on prend plaisir à présenter au reste de la famille. Khaled est un vieux dictateur vieillissant, capable à la fois de réfléchir en prenant du recul et de pardonner. Si Barry est de retour au pays, le vieil homme en est ravi et aimerait bien le voir rester pour avoir dans sa vie une présence plus calme que celle de Jamal.

Là où ça se gâte...

Le choix d’un acteur britannique pour le rôle principal de cette série est un choix compréhensible du point de vue du marketing quand on est une chaîne un peu fainéante, mais pas vraiment de tous les autres points de vue. Est-ce que je suis le seul à trouver étrange que le dictateur et son aîné dégénéré – les MÉCHANTS – soient un peu basanés, mais pas le GENTIL (ou presque) petit dernier de la famille ? Sans non plus verser dans la provoc’ ou lancer une polémique, ce point m’a gonflé plus que tout le reste et m’a empêché de rentrer complètement dans la série dès les premières minutes. A croire qu’il n’y avait qu’Adam Rayner de disponible et que trouver un homme arabe d’une quarantaine d’année pour incarner un père de famille était quelque chose d’impossible ou de vraiment pas envisageable… A quand plus de diversité dans les rangs des héros de séries télé ?

De la même manière, la surabondance de clichés sur l’homme arabe est assez pénible, notamment pour le personnage de Jamal, qui maltraite et viole des femmes pour qu’on comprenne bien – naïfs que nous sommes – qu’il est dangereux. Clairement, Tyrant a un gros problème et projette ou des messages en partie racistes qu’elle ne maîtrise pas, ou au contraire très bien calculés. Dans les deux cas, j’ai vraiment un énorme problème avec cette manière de dépeindre une culture comme assoiffée de sang et bestiale (et ce n’est pas le heel-turn final de Barry qui pourra servir à me contredire…).

Rating: ★★☆☆☆
Avis: Tyrant est une série ambitieuse qui s’attaque à un sujet jusque là assez peu exploité, mais qui le fait malheureusement avec une maladresse combinée à de très gros sabots et à un manque de subtilité évident. La première partie de l’épisode est assez molle et les choses peinent à se mettre en place. Les personnages ne sont pas tous très crédibles de prime abord, et il faut vraiment compter sur les flashbacks pour expliquer un peu pourquoi ils sont devenus ce qu’ils sont aujourd’hui (je trouve les interactions entre Barry et sa famille américaine vraiment très molles dans tous les sens du terme). Malgré tout ça et une impression un peu “sexe, violence et racisme puant”, les prémisses d’une intrigue prenante se dessinent dans le pilote.

Je ne suivrais néanmoins pas cette série, estimant que les choix effectués tant au niveau du casting que des personnages, et les messages véhiculés ne sont pour ma part pas tolérables.

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