Review: the After

the After (c) Amazon Studios

the After (c) Amazon Studios

Créé et réalisée par Chris Carter (Millenium, the Lone Gunmen, X-Files…), the After est une série de science-fiction à contexte post-apocalyptique, dans laquelle la vie de 8 personnes est bouleversée à la suite d’une catastrophe inexpliquée. La série est visible via la plate-forme d’achat en ligne Amazon depuis le 6 février 2014.

Comme on vous le disait un peu plus tôt cette semaine avec Mozart in the Jungle, Amazon se lance dans la production de séries originales, marchant ainsi dans les pas de Hulu et Netflix. Sur les 20 pilotes de séries (dont 6 animées destinées aux enfants) mis en ligne début février, seules quatres auront la chance de voir une saison complète produite par Amazon. Et parmi ces quatre séries, on trouve bien évidemment the After, qui marque ainsi le retour de Chris Carter à la télévision près de 12 ans après la fin de X-Files ! On ne sait pas vraiment de combien d’épisodes sera composée la première saison de the After, mais on sait en revanche que Carter a envisagé la construction de sa série sur 99 épisodes, contre les 10 originellement commandés par Amazon. Dans tous les cas, il ne faudra donc rien louper pour comprendre les tenants et aboutissants de l’histoire !

Beaucoup de bruit... pour rien ?

Plus jeune, j’ai connu mes plus grosses frayeurs devant X-Files et ai imaginé les pires hypothèses concernant un Ailleurs que je ne verrais probablement jamais. En tant que fan de cette série, j’ai vu ses dérivées (séries, films…) et lu à peu près tout ce qu’il était possible de lire. Et naturellement, j’étais assez emballée par la rumeur d’un retour de Chris Carter sur l’écriture d’une série !

Il y a eu beaucoup de choses écrites concernant the After, avec d’un côté ceux qui voyaient en cette série une descendante de X-Files et le retour de son scénariste prodigue sur le petit écran (et qui faisaient donc preuve d’un enthousiasme difficilement mesurable), et de l’autre, ceux qui sentait que ça allait partir rapidement en sucette. J’étais sans réelle opinion face au synopsis de ce pilote, déjà parce qu’il était assez vague, et ensuite parce que je ne pense pas qu’un scénariste qui a créé une série forte et prenante une fois créera un chef d’oeuvre chaque fois qu’il écrire quelque chose de nouveau. Pour faire plus simple: il flottait sur the After une petite odeur de X-Files, et je trouvais ça… non pas décevant, mais un peu facile.

On l’a sans doute répété en boucle ces derniers mois, mais le post-apocalyptique est un genre qui a vraiment la cote en ce moment, et de fait, un concept inédit au moment de son développement peut rapidement être exploité par d’autres pour peu que leur phase de développement et de production soit plus rapide. The After aurait pu être vraiment originale s’il n’y avait pas eu avant elle Revolution, Flash Forward, the Walking Dead, the Event, ou – plus récemment – the Leftovers, pour ne citer que celles-ci. Qu’on ne nous dise rien de l’événement perturbateur qui déclenche une panique généralisée, à la limite c’est compréhensible parce qu’abattre toutes ses cartes d’entrée quand on est scénariste est une assez mauvaise tactique… mais là, on a surtout l’impression que cet événement n’est qu’un prétexte pour que l’histoire parte en sucette sans que personne ne sache ou ne comprenne où on veut vraiment en venir.

Seuls points d’intérêts pour les fans [hardcore] de X-Files: repérer les références pas vraiment cachées dans the After. Pour tous les autres, même sans réellement connaître cet univers par coeur, il ne restera plus qu’à se tenir la tête avec dépit tant tous ces détails qui auraient pu être de sublimes énigmes sont balancés comme ça, sans qu’on ne comprenne vraiment pourquoi (en vrac et de manière non exhaustive: le “1013” mentionné par le policier, l’abeille, le signe de l’infini…).

Ajoutez à ça une maîtrise du rythme catastrophique: ça met du temps à démarrer, comme un bon vieux moteur de tracteur, et quand enfin ça commence à ronronner gentiment, on nous tartine des scènes longues et inutiles (l’assaut de la villa) qui n’apportent strictement rien qu’une dose supplémentaire de frustration et une envie de stopper là le visionnage de ce pilote.

Louise Monot (Gigi)

Louise Monot (Gigi)

Des personnages clichés

Le gros point noir de la série – hormis le fait qu’il ne s’y passe rien pendant 55 minutes – c’est cet assemblage de clichés tous plus affligeants les uns que les autres. L’avocat est – forcément – véreux, engoncé dans son costume bien comme il faut, avec une prostituée refaite de la tête aux pieds pendue à son bras capable de citer la Bible, donc qui est fondamentalement une bonne personne. L’afro-américain est habillé taulard mais qui est en fait très gentil pour éviter les charges des associations anti-racistes contre la série. La flic mexicaine. L’écossais avec un nom en “Mc-quelque chose”  (forcément !) boit, est bagarreur et se comporte mal avec les autres. Et le personnage incarné par Louise Monot est juste indéfinissable et est sans doute là pour une bête question de quota de femme assez peu vêtues à faire figurer dans un pilote pour mieux le vendre… un peu comme si toutes les origines ethniques devaient figurer dans ce pilote au détriment du développement des personnages. Reste le personnage du clown, qui m’a quand même beaucoup amusée, mais pour le reste… immense déception, parce que Chris Carter nous avait habitué à soigner davantage l’écriture de ses personnages.

Autant de stéréotypes parmi les protagonistes, pour moi c’est déjà presque tuer la série avant que les gens n’aient une chance de l’apprécier. Et dans le cas de the After, c’était en partie terminé pour moi dès la découverte des protagonistes: j’avais vu ce qui était à voir, et ça m’avait déjà profondément déçue…

Rating: ★★☆☆☆
Avis: the After m’a déçue à un point assez difficile à décrire. Une fois la déception passée, le pilote se regarde sans réelle envie d’en savoir davantage parce que Carter a bien l’air décidé à faire jouer les vieilles ficelles et les vieilles références, mais également à céder à a facilité consistant à dire que certaines choses arrivent parce qu’elles le doivent plutôt que parce qu’il y a une explication logique (et ce n’est pas le “alea jacta est” final qui me donnera tort sur ce point). Pour moi, the After tient plus de la mauvaise blague que du séisme que beaucoup – moi comprise – attendaient avec le retour de Chris Carter.

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