Review : Shameless “El Gran Cañon”

Shameless (c) Showtime
Season 3 Premiere : 13 janvier 2013

“Âmes sensibles s’abstenir.” Voilà un mot d’ordre qui s’appliquait déjà par tradition depuis les premiers épisodes mais qui prend cette semaine tout son sens ! Un autre homme sage dirait “It means, careful what you wish for.” En tout cas, on ne pourra pas dire qu’on ne vous avait pas prévenus !

En 2011, la chaîne Showtime américaine lance la diffusion de la, déjà bien célèbre, série Shameless, adaptée de sa soeur jumelle au Royaume-Uni. Même créateur, mêmes auteurs, même concept mais… Aux Etats-Unis. Gonflée de 10 saisons dans sa version originale, le pari de l’import du franc, trash et sans scrupules était risqué. Si pour démarrer, les premiers épisodes ressemblent de façon indécente à leurs frères jumeaux British, c’est pour dévoiler une tout autre façon de voir les choses. Nous ne sommes pas dans le même pays, ni le même continent, et si les fondements (sexe, drogues et rock n’ roll) demeurent intacts, ce sont les acteurs qui font la différence. En lead stars, Emmy Rossum et Justin Chatwin, déjà rencontrés au cours de Dragonball Revolution quelques années plus tôt, pour incarner le couple le plus libéré de complexes de la télévision américaine. Il reprend le rôle de James McAvoy, elle réincarne Fiona Gallagher. Et si vous vous figuriez encore la splendide jeune femme à la voix exceptionnelle d’opéra, ici vous devrez plutôt vous familiariser avec… Ses petites culottes ! Et plus si affinités.

Shameless (c) Showtime

Série de demi-saison, Shameless US ne compte qu’une dizaine d’épisodes par saison et cette semaine… C’était la reprise avec la saison 3 et son Premiere  fort en émotion : “El Gran Cañon“. Déjà en saison 1, les préliminaires, c’était pas trop leur truc pour l’entrée en matière. Le but de Shameless, ce n’est pas d’arrondir les angles mais de les rendre bien plus tranchants ! La série savait déjà créer le suspense mais elle ne s’était pas encore attaquée au fond du problème. Ce que vous saviez du franc parler de ces personnages est à présent révolu, passons aux choses sérieuses. Vous pensiez avoir déjà vu le pire ? Un conseil ? Ayez le coeur bien accroché.

Pourtant, l’art de Paul Abbot au coeur de Shameless, c’est de rendre sa série toujours plus addictive malgré les sujets traités parfois écoeurants, excessifs, scandaleux et osés pour ne pas dire… honteux ! Plus c’est crade, plus on en redemande ! Débordons un peu du réaliste de la première saison et rejoignons plutôt le côté exagéré pour en rire comme pour en pleurer. Voilà la force de Shameless. Si elle ne se prend pas tant que ça au sérieux, elle n’en demeure pas moins émouvante et révèle des signaux que n’importe qui peut reconnaître pour s’y identifier. Cependant, en saison 2 déjà, il devenait difficile de s’incarner dans certaines situations mais il était encore aisé de se dire “C’est ce que j’aurais fait à sa place”. Dans le cas présent, la réalité est ailleurs. Quoique…

Alors une fois encore, Shameless tape fort et directement au coeur, sans fioritures, sans détournement, juste comme ça, juste parce qu’il faut y aller sans se poser de questions. Pari risqué mais pari réussi. Il y a pas 36 chemins pour arriver à ses fins. Si vous songiez à détourner le regard, alors c’est une série qui n’est pas pour vous. Il faut garder les yeux grands ouverts pour le show ! Que serait un épisode de Shameless sans un imprévu venu renverser l’univers, redevenu stable pour l’occasion ? D’abord la mère, puis le père, puis la grand mère, bref, toute la famille y a mis du sien que ces six enfants virent chèvres. Même les petits copains et petites copines des uns et des autres y ont mis leur grain.

Mais que se passe-t-il lorsque les mafias s’en mêlent ? Qui va payer les factures cette année ? L’été approche, il va être l’heure de se serrer les coudes pour engranger l’argent qui permettra à la maisonnée de survivre tout au long de l’hiver pendant que les enfants sont à l’école ! Mais ça… C’est si personne ne vient y rajouter son faux billet vert… Mais ce serait trop demandé. Allez, on reprend les mêmes et on recommence. C’est bon, la honte.

Une Californication pour Shameless ? Et vous, comment auriez-vous réagi ?

Rating: ★★★★☆
Avis: Je trouve dommage d’avoir attaqué la saison avec quelque chose d’assez irréaliste, finalement. On était encore resté dans quelque chose de plausible, c’était ce qui plaisait, justement. Mais là, on en vient à un retournement de situation qui, tout en demeurant intéressant, prend une dimension plus proche de la fiction que du documentaire (certes, exagéré) des saisons précédentes. Néanmoins… L’identité de Shameless reste inchangée et ça, c’est rassurant !

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