Review: Revenge

Revenge (c) ABC Studios

Revenge (c) ABC Studios
Emily VanCamp (Emily Thorne)

Créée par Mike Kelley (Jericho, One Tree Hill, Providence…), Revenge est une drama [prétendument] librement inspirée du Comte de Monte Christo d’Alexandre Dumas. La série a débuté en septembre 2011 sur ABC avec une première saison composée de 22 épisodes, et est aujourd’hui toujours en cours, dans l’attente du season finale de sa troisième saison. 

Ca aurait pu ne jamais commencer. J’aurais pu passer tranquillement mon chemin lorsque pour la première fois j’ai entendu parler de Revenge. Ce n’était pas faute d’en avoir entendu parler un nombre incroyable de fois (Shka, Shad… je ne vous remercie pas !) depuis son commencement, mais rien ne m’avait motivé à sauter le pas concernant cette série-soap qui me rappelait de douloureux après-midi passés avec ma soeur devant Melrose Place, Beverly Hills (brrr), ou plus récemment Gossip Girl (re-brrr) à regarder des ados blindés de fric qui tentent les trucs les plus stupides (drogue, coucher avec la moitié du lycée / de la ville…) pour occuper leurs mornes journées. Très clairement, Revenge est précisément le genre de séries sur lesquelles j’ai pris l’habitude de passer en soupirant et en me demandant ce que les gens pouvaient bien leur trouver.

Et puis j’ai sauté le pas…

Une jeune femme retourne vivre dans les Hamptons où elle a passé une partie de son enfance. Sous le pseudonyme d’Emily Thorne, elle a la ferme intention de détruire ceux qui ont brisé son innocence et gâché la vie de son père. Elle est prête à tout pour le venger…

[ Allociné ]

Revenge a beaucoup de qualités qui l’éloignent des séries citées plus haut, avec notamment une trame de fond assez sombre où il est question de complots et de trahisons. Ca n’en fait pas la série de l’année ou la meilleure série du moment, mais ça a pourtant suffi pour me convaincre de tenter ma chance. Le thème de la vengeance y est abordé avec une logique purement calculatrice, et il n’est que très (trop) rarement question de sentiments; l’héroine se contentant la plupart du temps d’utiliser les gens sans jamais s’interroger sur les dommages collatéraux qu’elle peut provoquer dans son sillage.

Mais là où le bat blesse, c’est que si Revenge était partie sur une idée de départ plutôt séduisante, où les cartes sont sans cesse redistribuées et les rebondissements constants, elle n’évite pas les écueils du genre: personnages secondaires clichés, intrigues subsidiaires un peu molles… et jeu de la montre, pour que la série dure le plus longtemps possible.

Emily VanCamp (Emily Thorne) & Madeleine Stowe (Victoria Grayson)

Emily VanCamp (Emily Thorne) & Madeleine Stowe (Victoria Grayson)

Un rythme de diffusion absolument pourri

Qui a dit qu’une série reposant sur un complot ne pourrait jamais excéder une vingtaine d’épisodes sans connaître un dénouement ? Certainement pas Mike Kelley, le créateur de la série. Revenge compte aujourd’hui 2 saisons complètes de 22 épisodes, et 24 épisodes prévus pour sa troisième saison en cours de diffusion. Ce dimanche, nous avons pu voir “Hatred”, le final de mi-saison, et pour voir le season finale, il faudra attendre… le 3 mars. Ceci n’est pas une blague.

Avec un rythme de diffusion absolument incompréhensible et des breaks en milieu et quart (et tiers) de saison , ou même un peu au petit bonheur la chance, la série est très difficile à suivre si comme moi vous regardez d’autres choses à côté qui s’enchaînent vraiment chaque semaine avec seulement un break de mi-saison. Non, pour Revenge il faudra clairement vous accrocher pour ne pas perdre le fil.

Un casting désarmant

C’est sans doute sur ce point que je serais le plus critique. Si la tradition veut qu’une série intègre un maximum de “beaux mecs” et de “belles nanas” pour ratisser large au niveau des spectateurs, il y a aussi une autre tradition qui veut que les acteurs ne soient pas choisis QUE parce qu’ils sont plastiquement satisfaisants pour un rôle. Qu’il s’agisse de l’actrice principale Emily VanCamp au visage aussi expressif que peut l’être un arbre mort, ou des “beaux gosses” Nick Wechsler (qui incarne Jack Porter) et Joshua Bowman (qui incarne Daniel Grayson)… Par moments, j’ai vraiment eu l’impression de voir à l’écran une version animée des statues du Musée Grévin. Et encore, je continue de croire que certaines statues auraient vraiment pu réussir à leur apprendre des choses… Non parce que sérieusement, on ne peut pas miser QUE sur de belles gueules pour faire vivre une série; arrive un moment où il faut quand même un minimum de talent pour faire vivre les personnages…

Une bonne raison de regarder Revenge ? Gabriel Mann (Nolan Ross)

Une bonne raison de regarder Revenge ?
=> Gabriel Mann (Nolan Ross)

Combinez à ça le fait que l’on se trouve en présence d’archétypes plus que de véritables personnages, et la déconnexion est presque totale dès les premiers épisodes. Autant, certaines séries peuvent semer le doute dans les esprits en laissant entendre que ces personnages qui évoluent sous nos yeux existent réellement… mais pour Revenge, c’est foutu d’entrée. On retrouve donc le gosse de riche qui forcément tournera mal comme son père et qui a une grosse voiture pour compenser quelque chose (Daniel Grayson), le gosse de pauvre à la fierté démesurée qui a un gros bateau (Jack Porter), la matrone pas commode qui ne pense qu’à sauver ses fesses (Victoria Grayson), la gosse de riche qui enchaîne connerie sur connerie (Charlotte Grayson), le prototype du gay super fashion (Nolan Ross – que je trouve très drôle parce que très cliché, en fait)… aucun personnage ne paraît réel, et à force de voir ces archétypes être usés jusqu’à la corde, on finit très logiquement et plus ou moins rapidement par se lasser des personnages. Et donc – après une période de flottement plus ou moins longue – de la série.

S’il fallait ne garder en tête que deux acteurs de toute la distribution: Gabriel Mann (les Jason Bourne, Mad Men, Legend of the Seeker…) qui s’en sort très honorablement malgré un rôle cliché au possible; et Madeleine Stowe (the Last of the Mohicans, the General’s daughter…) qui vous glace le sang en un sourire hypocrite et dont la performance lui a valu d’être nominée dans la catégorie “Best Performance by an Actress in a Television Series – Drama” aux Golden Globes en 2012.

Les poupées russes

C’est le troisième reproche que j’ai envie de faire à Revenge. L’histoire de l’héroïne était très claire au départ, et il s’agissait de venger son père en faisant souffrir les Grayson. Trois saisons après, la vengeance qui aurait pu être obtenue ne l’est toujours pas… et le temps commence à être long. Ce n’est pourtant pas faute de la part des scénaristes de nous trouver des intrigues secondaires pour nous maintenir devant leur show. Au bout d’un moment, on se rend compte que dans ces intrigues secondaires, il y a vraiment beaucoup d’idées géniales… qui ne sont malheureusement pas exploitées. Le résultalt part dans tous les sens, et on suit difficilement la série en se demandant quel nouveau tour nous convaincra temporairement de ne pas définitivement arrêter de regarder la série.

Un bilan plutôt bon

Malgré tout, Revenge réussit le pari d’attirer toujours plus de spectateurs, mais peine à conserver ceux qui la suivent depuis son commencement. Avec une moyenne de 8.72 millions de téléspectacteurs pour la saison 1, 8.87 millions pour la saison 2, et un finale de mi-saison suivi par 5.1 millions de téléspectateurs, il y a fort à parier que la saison 3 s’achèvera avec une moyenne proche ou égale à celle de la saison 2. La longévité de la série me paraît toutefois compromise par des scores assez inégaux, avec des débuts et fins de saisons très hauts, et des épisodes intermédiaires de moins en moins suivis à mesure que la fin de saison approche… Un signe qui indique clairement qu’il est temps d’envisager une fin propre à l’histoire de l’héroine plutôt que de continuer dans la surenchère et d’ajouter encore et encore des rebondissements.

Rating: ★★★½☆
Avis: J’ai commencé Revenge avec énormément d’a priori et pourtant la série m’a séduit. Je lui reproche globalement beaucoup de choses (acteurs inexpressifs, rythme de diffusion moisi de chez moisi, intrigues flash et racoleuses…) mais mon ressenti reste malgré tout très positif parce que même si certains épisodes plutôt mauvais m’ont amené à vouloir arrêter la série, j’y suis toujours revenu comme un drogué à sa seringue. Alors oui, les scénaristes choissent la facilité et s’autorisent 2-3 épisodes très faibles d’affilée et nous hameçonnent régulièrement avec des rebondissements. J’ai été faible devant Revenge, je lui suis toujours… et j’adore cette série ! (mais les 3 gros points noirs font que je ne lui mettrais pas plus de 3.5)

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