Review: Killer Women

Killer Women (c) ABC

Killer Women (c) ABC
– annulée après 6 épisodes –

Basée sur une série dramatique argentine centrée sur des femmes-assassin, Killer Women est la petite dernière de la chaîne ABC. Ecrite par Hannah Shakespeare (the Whole Truth, Runaway…) et produite par Sofia Vergara (Modern FamilyMachete Kills…), la série a débuté le 7 janvier sur la chaîne câblée. 

Encore un remake…

Killer Women est une adaptation de la série argentine Mujeres Asesinas (2005), qui a déjà connu un remake mexicain en 2008; chacune de ces versions comportant 3 saisons. La question qui m’a tout de suite brûlé les lèvres ? A quoi bon faire un remake d’un remake ? Chez ABC, on ne s’est pas trop posé la question et on a foncé tête la première dans ce traquenard. Avec le déficit de potentiel créatif des networks américains depuis un certain temps, je n’ai pas du tout été étonnée de ce choix faisant passer la perspective d’un profit anticipé sur les recettes publicitaires avant l’originalité d’un programme. Pour illustrer ce propos acide, je ne vous reparlerais pas du cas de the Assets, scandaleusement annulée après seulement 2 épisodes…

Je ne ferais pas de comparaison entre les différentes versions parce que je n’ai vu que le dernier remake en date, et je m’en tiendrais uniquement à la version écrite par Hannah Shakespeare (the Whole Truth, Runaway…) et produite par Sofia Vergara (Modern Family, Machete Kills…), qui substitue aux femmes lesées qui veulent régler leurs problèmes seules une espèce de sosie féminin de Chuck Norris dans ce qui pourrait être un mauvais remake de Walker Texas Ranger. Vous avez bien lu: Killer Women, c’est Walker Texas Ranger sans les vannes pourries de Clarence Gilyard, mais avec Tricia Helfer dans un jean moulant et une vision assez avilissante de la femme.

Yeeee ha ! (rodéo style)

Ancienne reine de beauté, Molly Parker s’est renconvertie en Texas Ranger, le métier que son père exerçait autrefois. Elle est l’unique femme de son département et dans cet environnement on ne peut plus macho, elle n’a pas peur de se battre, quitte à y laisser quelques plumes et se faire des ennemis. Elle peut toutefois compter sur quelques collègues bienveillants, sa famille et ses amis pour la soutenir dans son combat quotidien…

[ Allociné ]

En croisade contre le crime, Molly Parker est une Ranger complètement badass (cliché n°1) avec un fort caractère. On apprend très rapidement qu’elle est mère célibataire (cliché n°2) et que sous son air déterminé et malgré toute sa badassitude, elle est fragile (cliché n°3). Elle fait très bien son travail et ne semble s’épanouir que par lui, mais malgré tout un inspecteur gradé lui en veut (cliché n°4, plus connu sous le nom de code « persécution non justifiée »). Parce que l’histoire se passe au Texas, Molly Parker affectionne les jeans à taille haute, les gros ceinturons, les chemises à carreaux et les Stetson (cliché n° … euh j’ai perdu le compte). Et pour en rajouter encore un peu dans la subtilité: pour se détendre, Molly joue de la trompette avec un groupe de mariachis et – accessoirement – se tape Marc Blucas, qui incarne un gentil garçon vraiment pas farouche… Et à la lumière de ce paragraphe, le décor est planté !

Du déjà-vu (encore)

Killer Women est une énième série policière procédurière, avec chaque semaine une enquête avec un crime à élucider. Si les personnages étaient attachants ou un minimum originaux, ça passerait en douceur comme ça a été le cas avec d’autres séries conçues sur le même modèle. Mais non: Killer Women ne se démarque en rien de ses nombreuses petites soeurs et cousines et nous inflige en plus son lot de clichés à intervalles réguliers.

Le premier épisode s’ouvre avec une voiture hors de prix et une femme plantureuse en micro jupe rouge filmée en contre-plongée – pour le plaisir des yeux de ceux qui se laissent encore prendre à ce bon vieux truc – alors qu’elle entre dans une église. Ce mannequin XXXS à hanches très larges et poitrine généreuse déboule au beau milieu de la célébration d’un mariage et tue le marié avant de prendre la fuite façon Fast & Furious sans que personne ne parvienne à la prendre en filature… sauf Molly Parker, parce que comme son modèle Chuck Norris, elle sait tout faire et a un instinct qui égale à peu près un don de double-vue qui lui permet de résoudre les affaires sur lesquelles elle enquête plus vite que tout le monde.

Ca s’en va, et… ça s’en va !

Sans surprise, Killer Women a été annulée par ABC pour cause d’audiences trop basses – c’était prévisible – avec à peine plus de 3 millions de téléspectateurs.  Plus exactement, la série comportait 8 épisodes et le network a décidé que seuls 6 épisodes seraient diffusés, laissant ensuite la place à Mind Games (dont je vous reparlerais ^^), la nouvelle série de Christian Slater et que j’espère nettement meilleure et moins « gag » sur les bords.

Rating: ☆☆☆☆☆
Avis: Je n’ai pas réussi à rester concentrée au-delà du premier épisode. Killer Women compile tous les clichés possibles et est pour moi l’exemple type de ce que ne doit pas être une série en 2014: héroïne inintéressante et sans éclat, clichés en série, investigation poussive… pour ma part, il n’y a rien à sauver dans Killer Women. Je ne pousserais pas le vice jusqu’à dire qu’en annulant cette série, ABC a rendu service à tout le monde en faisant disparaître un énième navet de nos écrans… oh… en fait si, je l’ai dit. L’action, les belles voitures et les femmes dénudées ne font pas tout. Et HEUREUSEMENT !

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