Review: Game of Thrones « Walk of Punishment »

Game of Thrones (c) HBO

Game of Thrones (c) HBO
Nicolaj Coster-Waldlau (Jaime Lannister) et Gwendoline Christie (Brienne)

Après deux épisodes qui avaient pour but principal de re-situer les personnages et les intrigues laissées en suspend à la fin de la saison 1, on entre réellement dans le vif du sujet avec « Walk of Punishment », mélange subtil d’humour et d’action, de moments poignants et graves… soit à peu près tout ce que l’on attend d’une série bien construite, même s’il est vrai que les choses sont souvent un peu lentes. Mais pouvait-il en être autrement sans dénaturer l’oeuvre originelle ?

« Walk of Punishment » marque le retour à l’écran de Daenerys Targaryen (Emilia Clarke)… et également de Craster (Robert Pugh), ce sauvageon établi derrière le mur et vivant de le mépris d’à peu près tous les principes moraux existants. L’introduction de cette saison se poursuit également avec un petit tour à Riverrun, patrie de Catelyn Stark (Michelle Fairley), qui apparaît à partir de cet épisode dans le générique de début. La scène d’ouverture se déroule d’ailleurs à Riverrun, où Catelyn Stark rend un dernier hommage à son père en compagnie de son frère Edmure (Tobias Menzies) et de son oncle Brynden « the Blackfish » (Clive Russell). La scène prévue pour être solennelle laisse place à une certaine tension, du fait de l’incapacité d’Edmure à enflammer la dépouille de son père emportée par le courant. L’urgence se fait ressentir un peu plus à mesure que le radeau mortuaire d’Hoster Tully s’éloigne, et lorsqu’au dernier moment Blackfish pousse son neveu pour faire correctement ce qui doit être fait, on ne peut s’empêcher de ressentir un certain soulagement: la flèche enflammée touche sa cible. Enfin.

HotPie's hotpie

HotPie’s hotpie
(indice: la tête est à gauche)

Arya Stark (Maisie Williams) fait à présent route vers le nord aux côtés des membres de la Fraternité sans bannière. Peu de place lui a été accordée dans cet épisode, mais les adieux avec Hot Pie (Ben Hawkey) et la grosse tourte en forme de loup – parce que oui, c’était un loup – offerte à Arya étaient vraiment mignons. Doublement, parce que malgré tout ce qu’Arya a eu à reprocher à son camarade, le laisser derrière a vraiment eu l’air de lui faire de la peine.

John Snow (Kit Harrington) et les hommes de Mance Ryder (Ciarán Hinds), quant à eux, ne sont plus très loin du Mur et découvrent des têtes de cheval disposées en spirales dans la neige – dans un genre particulièrement glauque, mais artistique malgré tout. Il semble que quelqu’un ait pris le temps de les disposer ainsi, et on espère en apprendre davantage prochainement.
Toujours de l’autre côté du mur, les Frères de la Nightswatch rescapés de la dernière bataille arrivent chez Craster et demandent asile. Plein de compassion, il commence d’abord par conseiller à ceux qui auraient trop faim de manger Sam (John Bradley). Mais au final et dans un grand élan de générosité (ou pas), tous sont autorisés à rester chez lui.

On se penche également un peu plus sur le cas de Theon Greyjoy (Alfie Allen), qui était jusque là retenu captif dans un endroit – pour l’instant – inconnu. Son mystérieux bienfaiteur le délivre et le mène hors des murs de la forteresse où il était enfermé. Ce passage est assez déroutant parce qu’absent du livre, et clairement on se demande vraiment où tout cela va nous mener. Ce qui est loin d’être déplaisant, bien au contraire !

Game of Thrones "Walk of Punishment"

Iain Glenn (Ser Jorah) Emilia Clarke (Daenerys) et Ian McElhinney (Ser Barristan)

Beaucoup plus loin, Daenerys décide finalement de décidément de suivre les conseils de Ser Jorah (Iain Glenn) et Ser Barristan (Ian McElhinney) en mettant de côté son ressentiment lié à l’esclavage. Un effort qui lui coûte et qui lui permet malgré tout d’acheter 8.000 Sang-coureurs et de constituer l’armée dont elle avait tant besoin pour reconquérir son trône. La séance quotidienne d’insultes avec Master Kraznys. Ce dernier ne résiste pas à réclamer l’un de ses dragons en paiement et Daenerys lui accorde le plus gros des trois sans même prendre le temps de réfléchir. Une nouvelle preuve de la valeur que peut avoir un dragon lorsqu’on l’imagine à sa taille adulte et avec un potentiel destructeur quasiment illimité en comparaison d’une banale armée ou de catapultes. Une raison qui a conduit Kraznys à céder l’ensemble de ses soldats super entraînés dès qu’il a été assuré de pouvoir obtenir un dragon: que faire des Sang-coureurs lorsqu’on a un dragon à sa botte ?

A Port-Réal, Tywin Lannister (Charles Dance) convoque son conseil pour décider de la succession de Littlefinger (Aidan Gillen) au poste de Master of Coins. Chacun des participants prend stratégiquement place à la table du Conseil dans un silence assez pesant, comme pour souligner le solennité de cette réunion. Tyrion, lui, refuse de prendre place sur le fauteuil le plus éloigné de son père, actuelle Main du Roi, et tire sa chaise dans un fracas terrible pour se place à l’autre bout de la table, pile en face de lui. Tyrion est nommé Master of Coins par Tywin, le « meilleur rôle qui puisse lui être attribué » selon Tywin. Cette nomination sonne un peu comme une boutade géante compte tenu du reniflement dédaigneux avec lequel Cersei (Lena Headey) a accueilli la nouvelle et des réactions des autres personnes présentes. L’attitude des Lannister vis à vis de l’argent est assez étrange, notamment parce que c’est ce qui fait la renommée de leur famille, mais visiblement leur part se limite à le dépenser copieusement en soieries, hommes de mains, campagnes militaires…; peu important au final comment les fonds sont réunis.

Jaime (Nicolaj Coster-Waldlau) et Brienne (Gwendoline Christie) sont à présent prisonniers et aux mains d’hommes armés fidèles à Rob Stark (Richard Madden). Peu d’avancée de leur côté en dehors d’une tentative de recours amiable initiée par Jaime en évoquant la fortune de son père et le fait que deviendrait immensément riche tout homme qui le ramènerait en un seul morceau à Port-Réal. Mais malheureusement pour lui – ou heureusement, tout dépend si on décide d’accorder plus de poids à la leçon qui lui est donnée ou à la valeur de sa vie – ceux qui le retiennent ne sont pas aussi sensibles à l’appat du gain que prévu… ce qui fait donc d’eux de redoutables gardiens à l’épreuve de toute tentative de corruption. Malgré cette déconvenue qui vaut à Jaime une bonne rouste, cela ne l’empêche pas d’agir de manière désintéressée pour épargner à Brienne de se faire violer par toute cette petite bande. Brienne, guerrière au service de Catelyn Stark, devient alors et pour l’occasion la fille du Seigneur de Tarth, pour laquelle ce dernier sera près à payer une rançon élevée et en saphirs (ça ne rigole pas !) en échange de sa fille bien aimée et intacte. La jeune femme y coupera de peu et restera silencieuse au sujet de l’intervention de Jaime, sans doute le temps de se faire une opinion sur ses motivations réelles puisqu’il est plus que clair qu’il ne la porte pas dans son coeur.

Ce qui est également mis en avant dans cet épisode, c’est le pouvoir de l’argent. Dans beaucoup d’autres shows, les seigneurs n’ont presque qu’à claquer des doigts pour assembler des soldats et constituer une armée. Dans Game of Thrones, les choses sont montrées de manière réaliste, et rapidement le problème du financement des campagnes militaires arrive sur la table. Malheureusement, le pouvoir de l’argent a aussi ses limites, et Jaime l’apprendra à ses dépends… Ce qui nous emmène tout droit à la scène finale, dans laquelle la suffisance de Jaime fait perdre patience à ses geôliers… une action qui ne restera pas sans conséquences pour le Kingslayer, puisqu’il perdra sa main droite – main d’épée, donc le choix n’était pas innocent – dans les dernières secondes de l’épisode. Oui, c’était bien réel. Malheureusement pour lui.

Rating: ★★★★☆
Avis: Episode dynamique dans l’enchaînement des scènes, même si celles-ci se déroulent parfois à plusieurs centaines de kilomètres les unes des autres. On commence à s’habituer à ne pas voir tous les personnages dans le même épisode, ce qui est à la fois plaisant (parce que plus de temps consacré à d’autres) mais légèrement frustant. Pourtant, tous les ingrédients permettant de nous maintenir en haleine sont là, et – en ce qui me concerne – je ne décroche pas !

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