Review: Doctor Who « the Rings of Akhaten »

Doctor Who "the Rings of Akhaten"

Doctor Who (c) BBC
Jenna-Louise Coleman (Clara Oswald) & Matt Smith (le Doctor)

L’épisode de la semaine dernière « the Bells of Saint John » s’était clôturé sur un détail en apparence anodin qui avait éveillé notre curiosité. Il a toujours été admis que dans Doctor Who, même les détails les plus insignifiant prenaient au moment voulu tout leur sens, qu’il s’agisse d’un mot, d’une phrase aux consonances étranges ou de l’apparition d’un personnage à un moment incongru. Cette feuille gardée précieusement entre les pages d’un livre dans les affaires de Clara (Jenna-Louise Coleman) conservait alors toute sa part de mystère, et l’on imaginait déjà cette feuille intervenir à un moment crucial dans un épisode lointain… mais en fait non. Le cas de cette mystérieuse feuille est étudié dès l’épisode suivant, avec une simplicité assez déconcertante. Je serais tentée de dire « encore une fois », mais ça serait une énième remarque partisane… Alors c’est parti pour « the Rings of Akhaten ».

Le trailer laissait entrevoir un épisode aux influences sci-fy clairement revendiquées, avec pas mal de plans dans l’espace, de faisceaux lumineux, de races extraterrestres non-indentifiées – et non-identifiables – et des effets spéciaux à la pelle. Beaucoup de plans de Clara également, qui laissaient dès le début présager de quelque chose de pas franchement agréable propre à l’après saison 4 et au départ de Russel T. Davies de la scénarisation: les épisodes centrés sur les compagnons qui n’apportent pas grand chose à l’intrigue globale et où le Doctor (Matt Smith) fait de la figuration. A l’écriture, donc, on retrouve Neil Cross connu pour son travail sur la série Luther (dont on vous reparlera très bientôt) ou encore sur Spooks (là aussi, on vous en reparlera), et du fait du contenu du trailer, on s’attendait à une intrigue à la Star Wars… mais là encore, rien de tout ça. Même reproche pour l’affiche promo à la Indiana Jones qui laissait entrevoir beaucoup, mais qui au final ne donne pas grand chose à l’écran. Dans les deux cas, on se contente juste de petits clins d’oeil pour masquer le trou béant dans le scénario:

  • rassemblement d’espèces alien diverses, qu’on ne peut s’empêcher de rapprocher de la cantina dans Star Wars – episode IV
  • le speeder que chevauchent Clara et le Doctor, qui rappelle celles utilisées dans Star Wars – episode VI
  • le look de Merry, jeune Queen of Years, qui pour le coup a un petit air de Reine Amidala dans Star Wars – episode I
  • le tombeau du dieu-momie, semblable à celui de la moment dans Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull
  • le « jeu » avec la porte du tombeau qu’essaie de retenir le Doctor, qui est là aussi quelque chose de classique dans les aventures d’Indiana Jones.
Doctor Who "the Rings of Akhaten"

Doctor Who « the Rings of Akhaten »
– affiche promo

Le Doctor n’est toujours pas en mesure d’expliquer de manière concrète qui est Clara, mais cela ne les empêche pas de se lancer ensemble à l’aventure. Première escale ? Les anneaux d’Akhaten et sa célèbre pyramide, autour de laquelle gravitent sept planètes. Une légende commune à ces sept civilisations laisse entendre que cette pyramide serait la source de toute vie dans l’univers, et à ce titre, les planètes environnantes sont le lieu de passage de nombreux touristes et espèces toutes plus exotiques les unes que les autres. Et à cette époque encore plus, à l’occasion du Festival of Offerings. Voilà pour le contexte. L’action commence lorsque Clara percute une jeune fille, Merry (Emilia Jones), qui semble poursuivie par deux hommes. On apprend alors que la jeune fille a été choisie pour chanter lors d’un importante cérémonie et que pour accomplir ce que l’on attend d’elle, elle devra avoir suffisamment confiance en elle sous peine de ne pas parvenir à maintenir l’ancien dieu en sommeil. Une mission bien mystérieuse et un brin mystique, mais qui n’empêche pas Clara de rassurer la jeune fille à sa manière avec cette bonne humeur caractéristique, et cette dernière finit par s’en aller rassurée.

L’action en elle-même tient en une ligne: Merry chante mal, le dieu se réveille et l’attire à elle pour lui faire dieu-sait-quoi (c’est rien de le dire…), et bien entendu, Clara et le Doctor volent à son secours et tout se termine une nouvelle fois très bien. Cet épisode est une rite de passage pour la jeune Clara, parce que la tradition semble vouloir que les compagnes du Doctor connaissent leur première aventure avec lui dans une autre galaxie. Là où c’est un peu gênant, c’est que Clara prend sans doute un peu trop de place dans « the Rings of Akhaten », au travers des divers flash-backs, de ce livre qu’elle trimballe avec elle ou de cette feuille qui lui permet de sauver 7 planètes, un Doctor et Merry…

A côté de cette intrigue allégée en tout, on passe à côté des connotations religieuses (avec mention spéciale « sacrifice humain ») et culturelles qui auraient pu être intéressantes et donner de l’épaisseur à l’épisode. C’en est presque honteux de ne rien avoir exploité autrement que comme un simple décor et des silhouettes apparaissant en arrière plan !

Rating: ★★½☆☆
Avis: Le script aussi épais qu’une feuille de papier imprimante m’a laissée vraiment perplexe, et il n’y a réellement que le côté visuel très recherché, les références à deux grosses franchises qui n’étaient pas faites pour se rencontrer, et la qualité des maquillages et costumes des différentes espèces aliens qui ont rendu l’épisode intéressant. Mais justement, compte tenu de tout ce travail visuel, j’ai été choquée que rien n’ait été exploité à fond… Les personnages secondaires sont réellement inexistants, le Doctor se fait tragiquement éclipser par son compagnon et le tout amène une réminiscence assez désagréable de la saison 6, dans laquelle Amy Pond (Karen Gillan) volait la vedette au personnage principal et résolvait toutes les énigmes sans aucune aide. Soit précisément tout ce que je n’aime pas dans la nouvelle direction prise par Doctor Who sous l’impulsion de Steven Moffat, qu’il s’agisse des compagnons envahissants ou des épisodes qui laissent un goût d’inachevé en bouche…

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