Review: the Young and the Restless (1973 – …)

the Young and the Restless (c) Sony Pictures

the Young and the Restless (c) Sony Pictures
– diffusée depuis 1973 aux Etats-Unis & à partir de 1989 en France

Créée par les frères William Joseph et Lee Phillip Bell (the Bold and the BeautifulDays of our lives…), the Young and the Restlessles Feux de l’Amour, pour la VF – est un soap centré sur les rivalités entre deux puissantes familles de businessmen se disputant des marchés commerciaux sans aucune pitié. La série est diffusée depuis mars 1973 sur la chaîne américaine CBS et n’a été diffusée en France qu’à partir de 1989. A raison d’un épisode par jour en pleine semaine, la série comprend actuellement 42 saisons soit un total de plus de 10.000 épisodes de 42 minutes. 

Les Feux de l’Amour, c’est typiquement le genre de séries que j’évite de regarder par total désintérêt, qu’il s’agisse du casting ou de l’histoire elle-même (quand il y en a une). Je crois qu’en fait, j’ai une aversion assez incroyable pour les soaps à rebondissements perpétuels dans lesquels peu importe la logique tant qu’on peut faire de l’audience en introduisant un nouveau rival, une nouvelle femme, une nouvelle maîtresse… Beaucoup de séries ont été conçues sur ce modèle et sont encore conçue de cette manière, avec ce besoin constant de rebondissement pour maintenir l’attention du téléspectateur. Il y a les séries qui le font ouvertement mais de manière efficace, et il y a celles qui le font faute d’intrigue crédible à proposer, comme notamment Revenge que j’adorais pour son parfum de soap non assumé mais qui commence à tomber dans le travers classique consistant à introduire des nouveaux personnages chaque fois que les audiences chutent…

Les Feux de l’Amour… c’est arrivé par accident et à l’insu de mon plein gré, alors que j’étais tout gamin. Oui, c’est facile de commencer cet article comme ça pour se dédouaner, mais c’est vrai: j’ai entendu pour la première fois des Feux de l’Amour de la même manière que j’ai entendu parler de Dallas ou d’Amour Gloire et Beauté: sur le canapé familial, à côté de ma mère et/ou de ma grand-mère. Forcément, au départ c’est assez abstrait parce qu’il y a beaucoup de personnages, beaucoup de rebondissements, beaucoup de mots inconnus (adultère, maîtresse, traînée… – que des mots positifs en fait…), mais après plusieurs dizaines d’heures passées sur ce canapé, jour après jour, et après avoir compris que non, on ne pourrait pas regarder un dessin animé tant que mémé n’a pas vu son épisode, on finit par repérer un personnage et par s’y accrocher jusqu’à retenir son nom et – vaguement – des bribes de son histoire…

Dans mon cas, c’était le personnage de Katherine Chancellor (Jeanne Cooper), qui ressemblait vaguement à mon autre grand-mère mais en beaucoup plus riche et en beaucoup moins gentille, et qui avait déjà l’air d’avoir 100 ans à l’époque. Et une fois qu’on est tombé dedans… on n’en sort plus vraiment. Ou du moins, pas sans quelques séquelles…

Ça parle de quoi ?

A Genoa City, les rivalités amoureuses et professionnelles des familles Chancellor, Newman, Abbott…

[ Allociné ]

Les résumés disponibles un peu partout sur Internet sont ou laconiques ou longs de plus de cinquantes pages pour pouvoir raconter le plus brièvement possible l’intrigue de la série. Pour faire vraiment très très bref: la série mettait en scène à ses débuts la rivalité entre les Brooks et les Foster, qui ont rapidement migré dans l’autre soap des frères Bell, Amour Gloire et Beauté (dès 1987). L’attention s’est ensuite portée sur deux autres familles rivales en affaires, les Newman et les Abbott, qui sont aujourd’hui les deux grandes familles emblématiques de la série avec leur ribambelle de descendants, les mariages / divorces et remariages successifs et les petits coups bas rituels.

En pratique, ça parle surtout d’OPA, de lancements de produits, de rachats de sociétés, de recherche de nouveaux actionnaires… et de cul. Parce que oui, on entend beaucoup parler de business, de femmes qui veulent faire carrière, de requins impitoyables… mais la série traite aussi et surtout des coucheries de ses protagonistes avec d’autres personnages plus ou moins connus, plus ou moins fortunés et plus ou moins déjà mariés; la principale activité des téléspectateurs et de la fanbase de la série consistant à se souvenir de qui couchait avec qui avant et après Untel et de qui a couché avec à peu près la moitié de la ville.

Mais les Feux de l’Amour, ça ne se résume pas qu’aux coucheries – du moins plus en 2014. Les scénaristes ont su faire évoluer les intrigues jusqu’à proposer des enquêtes policières, des procès très crédibles, et des intrigues impliquant quasiment l’intégralité d’une famille ou le casting complet (explosions de bombes, incendies, meurtres, disparitions…). Plus récemment, on a ainsi pu voir une intrigue construite autour d’un meurtre dont étaient soupçonnées pas moins de 10 personnes: le téléspectateur était ainsi invité à mener lui aussi sa petite enquête, au fur et à mesure que les inspecteurs accumulent les preuves et témoignages à l’écran. Le tout est coordonné par trois scénaristes en chef chapeautant une équipe de 9 scénaristes – et pour gérer autant de personnages, il faut au moins ça !

Archaïsme et modernité (en même temps)

La série a pendant un moment été le vecteur de pas mal de messages un peu vieillots, d’un patriotisme presque caricatural tout en évoquant chaque jour l’adultère, le mensonge et les détournements de fonds comme si tout pouvait naturellement cohabiter dans le même programme.

Beaucoup considèrent à tort les Feux de l’Amour comme une « série pour les vieux » ou il n’est question que de coucheries, de divorces et de trucs un peu vieillots. En réalité, la série s’est considérablement modernisée ces dernières années et fait même assez régulièrement référence à l’actualité. On a donc pu voir des soldats réservistes partir en Irak et en revenir, ou voir abordés des sujets d’actualité comme l’homosexualité, de familles recomposées ou monoparentales… loin, très loin des des sentiers balisés évitant soigneusement tout sujet susceptible de faire polémique. Certains épisodes ont d’ailleurs été l’occasion de diffuser des messages très sérieux enregistrés par les acteurs de la série pour sensibilité les femmes et les inciter à dénoncer le harcèlement sexuel sur leur lieu de travail, sur les dangers des rencontres sur internet pour les adolescents, les rapports sexuels non protégés… bref, des sujets susceptibles de toucher tout le monde sans forcément se limiter au cadre de la série.

La série a également plutôt bien pris le virage de la modernité en faisant progressivement évoluer l’âge moyen de ses protagonistes. D’abord destinée à des quarantenaires (ou plus…), les Feux de l’Amour mettaient en scène des personnages de cette même tranche d’âge auxquels le public pouvait aisément s’identifier, mais entraînait un vieillissement du public de la série inévitable. Pour y remédier, les enfants des personnages grandissent assez régulièrement à une vitesse incroyable, entraînant quelques problèmes de continuité lorsqu’un enfant de 10 ans qui part en colonie revient 10 épisodes plus tard en étant en âge d’entrer à la fac… La question de la continuité dans les soap est assez difficile à expliquer ou à comprendre, mais le principal demeure malgré tout: le casting rajeunit et intègre maintenant des jeunes adultes à peine trentenaires auxquels il est plus facile de s’identifier ou dont on comprend plus aisément les motivations. Mais cela n’empêche pas les piliers comme Victor Newman (Eric Braeden) et Jack Abbott (Peter Bergman) d’être toujours au premier plan malgré cette relève que les téléspectateurs apprennent à connaître et connaîtront sans doute dans 20 ans aussi bien que nos grands-mères ont connu Victor et tous les autres.

Rating: ★★★★☆
Avis: Je ne suis pas certain d’avoir envie de recommander cette série à cause de son côté hautement addictif. C’est le programme que je regarde planqué chez moi pendant mes rares jours de RTT – parfois en replay, j’avoue… – mais dont je pourrais réussir à me passer tant l’histoire avance lentement et peut être reprise en cours de route un mois après. J’éprouve une certaine fascination pour le travail de scénaristes capables d’emmêler et de démêler les noeuds d’intrigues à rebondissements parfois complexes, qui réussit même à supplanter le côté creux ou cliché de bon nombre de personnages qui ne survivraient pas plus de 5 minutes dans le monde réel. Les Feux de l’Amour, c’est un peu mon Revenge vintage, mais avec quand même beaucoup moins de trucs gonflants dedans.

1 comment

Flux RSS
  1. Ludo très bien chronique, il fallait le faire pour rédiger une chronique sur les feux de l’amour…. D’ailleurs je vais l’imprimer et la donner à maman qui est une fan de la première heure… C’est aussi comme ça que je suis tombée dessus la première fois..

    Et c’est vrai que ça se laisse regarder. Et j’adore les rebondissements trop gros pour être vraisemblable mais qui sont typique les feux de l’amour.
    Et qui a tué Diane? Hein…. Bonne question.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *