Review: the Leftovers

the Leftovers (c) HBO

the Leftovers (c) HBO
– tous les lundis en US+24 sur OCS City –

Basée sur le livre éponyme écrit par Tom Perotta (Little Children…), et adapté pour la télévision par Damon Lindelof (Lost, Prometheus, Star Trek: Into Darkness…), the Leftovers est une série drama / mystère avec un contexte post-apocalyptique: 2% de la population mondiale disparaissent en une fraction de secondes et sans laisser de traces, la série s’attache à suivre le quotidien des « survivants ». La diffusion de la première saison a débuté dimanche aux Etats-Unis sur la chaîne HBO et a réuni près de 1.8 millions de téléspectateurs. En France, la série est à suivre tous les lundis soirs en US+24 sur OCS City.

C’est parce que l’été est assez rarement synonyme de séries passionnantes – pour moi – que je le passe généralement à essayer de débusquer une série ou un film à côté duquel je serais passée avant. Et au final, je ne jette qu’un oeil très distrait à ce qui peut sortir entre fin juin et début septembre… Mais the Leftovers, c’est LA série que j’attendais cet été ! Parce que teasée suffisamment à l’avance pour qu’on ait le temps de la remarquer, de voir et d’imaginer les trucs les plus fous en voyant son tout premier trailer. Parce que Damon Lindelof. Parce que contexte post-apocalyptique – mon pêché mignon.

Du jour au lendemain, un 14 octobre en apparence ordinaire, 2% de la population disparaît mystérieusement de la surface de la terre. Ces gens, de tout âge, se sont évanouis dans la nature, sans explication, laissant leurs proches dans l’angoisse, voire le désespoir.

Trois ans plus tard, la vie a repris son cours dans la bourgarde de Mapleton, une petit ville près de New York, mais rien n’est plus comme avant. Personne n’a oublié ce qui s’est passé, ni ceux qui ont disparu. A l’approche des cérémonies de commémoration, le chef de la police locale, Kevin Garvey, est en état d’alerte maximale : des affrontements dangereux se préparent entre la population et un groupuscule comparable à une secte…

[ Allociné ]

The Leftovers, c’est un peu un Lost à l’envers: on ne s’intéresse pas une seconde au sort des disparus, et on préfère se concentrer sur ceux qui sont encore là. De fait, on comprend assez rapidement que le but de la série n’est pas vraiment d’essayer d’expliquer cette disparition massive, mais plutôt de se concentrer sur ce monde en proie à une véritable crise existentielle collective – ça, c’est pour l’idée de base. Dans la pratique, le pilote tient la route et reste fidèle à ce qui avait été annoncé: rien n’a réellement changé, le monde reste tel qu’on l’a toujours connu… mais avec 140 millions de personnes en moins. A première vue, il ne semble y avoir aucun lien évident entre les disparus (âge, sexe, croyance…), ce qui laisse entendre que les disparitions étaient aléatoires. Je suis assez curieuse malgré tout d’en apprendre davantage sur ce point – même si la série part clairement sur d’autres pistes – tout en trouvant assez amusant le fait que sur la seule ville de Mapleton, chacun perde un proche… si on ramène les 140 millions de disparus à l’échelle de la planète, on peut donc conclure que Mapleton était vraiment la ville où il ne fallait pas vivre ce 14 octobre.

Mais ce que j’ai vraiment trouvé intéressant dans ce pilote, c’est cet espèce d’engourdissement – spleen ? – des survivants, leur anxiété, leur colère… et l’incompréhension liée aux disparitions. Pourquoi eux sont-ils toujours là ? Est-ce que d’autres personnes peuvent disparaître ? … autant de questions sans réponses qui reviennent presque inconsciemment via certains protagonistes, mais qui hantent également nos esprits pendant le visionnage. Cette plongée dans la psyché humaine a quelque chose de complètement déstabilisant dans le sens où on a l’impression que personne n’agit vraiment comme il le devrait (ce qui est facile à dire quand on est extérieurs à cette situation). Les adolescents sont blasés et se livrent à des jeux douteux – la bouteille, mais en plus trash – les adultes continuent de vivre assez machinalement, dissimulant leurs angoisses en public, mais explosant comme autant de bombes à retardement chez eux… Et puis il y a ceux qui ont choisi de tirer des enseignements de ces disparitions dans leur spiritualité. Ce sont ces personnages apathiques et silencieux entièrement vêtus de blanc, sur lesquels tout le monde a envie de frapper mais que personne ne cherche réellement à comprendre.

Aucun personnage n’est réellement approfondi; tous se succèdent à l’écran sans que l’on sache s’ils réapparaîtront par la suite. On n’apprend guère plus que quelques noms et de très maigres anecdotes, mais sans plus. Ce qui contribue un peu plus à déstabiliser et à donner l’impression que dans le fond, plus rien d’autre n’importe que le fait d’avoir survécu. Le fait que cette perte ne puisse être expliquée ni par la science, ni par la religion induit une ambiance assez oppressante parce que dans le fond, personne ne sait si cela ne se produira pas de nouveau dans 5, dans 10 ans… Privée de certitudes – religion ou science – on observe l’humanité sombrer peu à peu, avec en fond un refrain nous rappelant que l’inconnu est sans doute ce qu’il y a de plus effrayant au monde.

Ce que j’ai vraiment apprécié dans ce pilote, c’est sa sobriété. Il n’y a eu ni déferlement d’effets spéciaux, ni rebondissements à tours de bras. A la place, il y a eu quelque chose de très intimiste et de fascinant au niveau de la mise en place du contexte, des personnages, de la mise en avant du grand bouleversement duquel ils ne parviennent pas à se remettre depuis 3 ans. Ça, pour moi, c’est quelque chose d’important pour comprendre la suite et les interactions futures entre les personnages; beaucoup plus que de simplement voir des voitures qui brûlent et des hélicoptères qui explosent juste parce que le contexte est post-apocalyptique (ce qu’on retrouve beaucoup trop souvent, malheureusement…).

J’ai été complètement emportée par la bande son de ce pilote ! La musique occupe une place à part entière, au même titre que n’importe quel autre personnage de la série. Parmi les morceaux, on retrouvait entre autre: Retrograde, de James Blake, l’aérien Sweet Love for planet Earth, par le groupe Fuck Buttons (reconnu par Kath), ou encore le très émouvant Vladimir’s Blues, de Max Richter (reconnu par Shad – le morceau avait également servi sur l’l’OST de la série Broadchurch).

Rating: ★★★★☆
Avis: The Leftovers m’a laissée d’abord perplexe parce que je pense que je m’attendais à ce qui se fait habituellement en termes de post-apocalyptique (effets spéciaux, action, explosions…). Mais au final… je crois que je préfère très largement ce zoom sur les survivants et sur le côté humain plus que sur l’explication du phénomène des disparitions ou une enquête un peu spectaculaire. Tout le monde est livré à lui-même, face à ses angoisses, à ses doutes, et cet aspect a été bien transcrit à l’écran et souligné par les différents morceaux que l’on peut entendre, si bien qu’il était difficile de rester de marbre et complètement neutre devant ce pilote. J’attends beaucoup de la suite, notamment concernant la secte et son mystérieux gourou. J’attends d’être encore une fois retournée par toutes ces émotions.

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