Review: Serangoon Road

Serangoon Road (c) ABC

Serangoon Road (c) ABC
– diffusée en septembre 2013 sur ABC –

Première co-production originale entre HBO Asia et ABC, Serangoon Road est une série policière australienne créée par Paul D. Barron (WIld Kat, Southern Cross, Parallax..) qui parle de gangsters et de sociétés secrètes dans le Singapour des années 60. La série a été diffusée en septembre 2013 sur la chaîne ABC Composée pour l’instant d’une unique saison de 10 épisodes, la série a réuni un total de 730.000 spectateurs.

Depuis plusieurs années, HBO nous a habitués à proposer des séries aux concepts originaux et/ou mettant en scène des personnages dans des contextes très peu exploités à la télévision. On a ainsi pu suivre les péripéties sentimentalo-sexuelles d’une bande d’amies trentenaires dans Sex and the City, les missions d’un groupe de parachutistes américains pendant la Seconde Guerre Mondiale dans Band of Brothers, ou encore le quotidien d’une famille de mafieux dans the Sopranos. La liste n’est pas exhaustive, mais HBO nous a habitués à une certaine audace dans le choix des programmes qu’elle produit ou diffuse.

Ça parle de quoi ?

Dans le Singapour des années 1960, les traders, les gangsters et les riches expatriés se regroupent au sein de sociétés secrètes. Ils se croisent également sur les trottoirs de Serangoon Road, la première voie rapide du pays qui sert de relais entre toutes les communautés de l’île.

[ Allociné ]

La série se concentre autour du personnage de Sam Callaghan (Don Hany), un importateur/exportateur local dont la vie a été marquée par son expérience de la guerre et l’internement dans un camp de prisonniers japonais. Occasionnellement, il aide parfois la détective Patricia Cheng (Joan Chen) et son agence à résoudre des affaires délicates. Chaque fois qu’il accepte de l’aider, Sam met le pied dans un monde dangereux et relativement imprévisible où les gangs se battent pour garder la main-mise sur les rues et où les puissances étrangères se disputent pouvoir et secrets politiques, le tout sur fond de crise raciale et politique.

Une série policière banale

Comme il s’agit d’une série estampillée HBO, je pensais qu’elle ne dérogerait pas à la règle et que je serais instantanément embarquée dans l’histoire. J’ai rapidement déchanté. Chaque épisode est construit comme un épisode de série policière classique, et dans Serangoon Road, chaque début épisode par la demande de Patricia faite à Sam de l’aider sur une affaire. Si les séries dans lesquelles des enquêteurs ont besoin d’aide sont nombreuses, le côté un peu systématique conduit à conclure dès le second épisode que Patricia est un très mauvais détective et ne sait rien faire seule parce que c’est toujours Sam qui fait tout le travail difficile… Du coup, les enquêtes ne progressent que grâce à l’intervention de Sam et il n’y a plus réellement d’équilibre dans la série puisqu’une personne dont l’investigation n’est pas le métier réussit à résoudre à peu près toutes les affaires sur lesquels on lui demande de se pencher. Et parallèlement, le personnage de la femme détective en prend un grand coup et frôle le zéro en termes de crédibilité…

J’avais beaucoup aimé Don Hany dans la peau d’un flic dans East West 101 (une autre série australienne que je vous recommande !), mais dans Seragoon Road au delà de l’investigation, son rôle se borne à poser des questions aux gens et à bourrer des pifs… Une sous-exploitation du bonhomme qui en fait un stéréotype plus qu’un véritable personnage principal. Même critique pour Joan Chen, qui n’incarne au final qu’un personnage « prétexte à » et sans réelle épaisseur: les deux personnages sont là, on les voit bien à l’écran, mais leurs interprètes semblent se débattre avec deux rôles vides comme on pourrait en trouver dans des séries comme CSI ou autre, à savoir qu’ils mènent leurs enquêtes un peu machinalement et point barre.

Un souçi du détail qui fait plaisir

Les décors sont soignés et de qualité, qu’il s’agisse des intérieurs (night-clubs…) ou des extérieurs (marchés, rues…). Le souci du détail semble permanent et n’est pas sans rappeler des séries comme Mad Men ou Magic City, qui se déroulent à peu près à la même époque et bénéficient également de ce sens du détail poussé à l’extrême combiné à une photographie magnifique et à une production léchée. Clairement, ce n’est pas à cause de l’esthétique que la série aura attiré si peu de spectateurs…

L’aspect culturel est également l’un des points forts de la série, et j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir les années 60 version Singapour – une zone géographique trop peu exploitée à la télévision. Qu’il s’agisse des dédales de rues ou des marchés, l’expérience est autant visuelle que sensorielle et j’avais presque l’impression de pouvoir sentir les choses. C’est essentiellement pour ce dernier point que j’ai regardé la série jusqu’au bout.

Rating: ★★★☆☆
Avis: La patte un peu « à l’ancienne » de l’écriture était très plaisante. Les scripts étaient également bien écrits et possédaient une touche d’inventivité vraiment sympa… mais je n’ai pas complètement été séduite. Ce qui m’a motivée à aller jusqu’à la fin de la série ? L’aspect un peu « pittoresque » du Singapour présenté dans la série. Je ne connaissais ni la ville ni son histoire, et c’est cet aspect découverte qui a été la plus grande originalité de la série. Pour les enquêtes ou les personnages sinon, il faudra chercher de l’originalité ailleurs…

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