Review: Scandal

Scandal (c) ABC Studios

Scandal (c) ABC Studios
– début de la saison 4 ce soir & à suivre chaque jeudi sur ABC –

Créée par Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy, Private Practice…) et produite par Besty Beers (Casanova, How to get away with Murder – dont on vous reparlera…), Scandal est un thriller politique constituant une plongée dans les arcanes du pouvoir. La série suit les aventures d’une conseillère en communication de génie, qui possède son propre cabinet de relations publiques et une équipe des plus efficace. La série a été diffusée pour la première fois sur ABC en mars 2013, US+24 sur Canal+, et depuis le 1er juillet 2014 sur M6. La diffusion de la saison 4 débute dès ce soir aux Etats-Unis.

Je connaissais le travail de scénariste de Shonda Rhimes sur Grey’s Anatomy ou Private Practice, deux séries ayant chacune séduit plusieurs millions de téléspectateurs. Si pour beaucoup ces deux références constituaient d’emblée un gage de qualité pour quelque chose de Shonda Rhimes branded, pour moi c’était surtout synonyme d’un interminable enchaînement de « je t’aime – moi non plus – je suis malheureuse bouhouhou » au détriment d’un semblant d’intrigue ou de n’importe quoi d’autre ne reposant pas sur un couple un minimum crédible. J’avais donc soigneusement réussi à éviter cette série malgré les recommandations ou ce qu’on pouvait m’en dire. Et puis finalement, il aura fallu une recommandation plus argumentée et plus étayée que les autres pour que je finisse par y jeter un oeil, en craignant toutefois que ne surgissent des clones de Meredith et Derek et que l’histoire ne tourne au grand n’importe quoi sentimentalo-gniangnian.

Clairement, je partais avec un ENORME a priori sur la série…

Ca parle de quoi ?

La vie professionnelle et personnelle d’une experte en relations publiques, Olivia Pope, particulièrement réputée pour sa gestion des crises, et de son staff, composé d’avocats débutants et confirmés, d’un expert en litige, d’un hacker et d’une détective. Fitzgerald Grant, le président des Etats-Unis, est un vieil ami d’Olivia qui demande son aide lorsqu’une de ses assistantes fait courir le bruit qu’ils couchent ensemble. Et ce n’est que le début d’un scandale bien plus grand aux répercussions désastreuses…

[ Allociné ]

 La série tourne clairement autour des mini-enquêtes de l’équipe d’Olivia Poppe. Brisant une énième fois le mythe des avocats ne défendant que des clients innocents, l’équipe du cabinet prouve que les scrupules n’ont pas vraiment de place dans ce métier et que tous les moyens sont bons pour protéger un client – même altérer une scène de crime.

Un personnage principal fort

Le personnage d’Olivia Pope est plutôt pas mal construit, mais pas uniquement grâce à Shonda Rhimes, qui s’est en grande partie inspirée de la vie d’une vraie experte en relations publiques et en gestion de situations de crise, Judy Smith, qui a travaillé à la Maison Blanche pour l’administration Bush – père – et a notamment eu à gérer tout ce qui touchait à la guerre du Golfe en 1991. Comme son double de fiction, Judy Smith a fini par quitter la Maison Blanche et par fonder son propre cabinet d’experts, Smith & Company.

Travailleuse, obstinée, persévérante et prête à défendre ses opinions jusqu’au bout, Olivia est le genre de personnage de fiction auquel beaucoup souhaiteraient ressembler. C’est d’autant plus vrai quand on voit l’absence de diversité des personnages féminins à la télévision, où l’on a souvent affaire ou à une femme faible type potiche ou à un homme dans un corps de femme; dans les deux cas, avec tous les stéréotypes associés. Un peu comme s’il ne pouvait y avoir d’héroïne féminine crédible et tangible à la télévision… ou comme si personne n’était plus capable de les écrire convenablement. Scandal nous propose de suivre une femme de conviction, bardée de forces mais sans être exempte de faiblesses qui se dévoilent au fur et à mesure des trois premières saisons. Et c’est ce qui rend à la fois le personnage attachant et humain. Crédible ? Oui, n’ayons pas peur du mot.

Le reste de l’équipe d’Olivia se compose de personnalités un peu stéréotypées sur les bords, mais non moins attachantes: un spécialiste des litiges (Colombus Short), une rouquine frigide mais pas trop (Darby Stanchfield), un macho (Henry Ian Cusick), un génie de l’informatique assez renfermé sur lui-même (Guillermo Diaz), et la dernière recrue du cabinet (Katie Lowes). On trouve également quelques personnages intéressants du côté de la Maison Blanche, avec notamment Cyrus Beene (Jeff Perry) le chef de cabinet du Président, qui possède son lot de contradictions et de secrets, James Novak (Dan Bucatinsky), ou encore Melly Grant (Bellamy Young), la Première Dame aux ressources inépuisables… Chaque personnage sera à un moment donné développé à l’occasion d’intrigues particulières ou d’éléments progressivement disséminés au fil des épisodes, quand il ne sera pas lui-même à l’origine d’une intrigue suivie sur plusieurs épisodes. Au final, qu’il s’agisse d’Olivia ou des personnages secondaires, chacun a été construit et bénéficie d’un développement; personne ne fait de figuration.

"Popol" pour les intimes...

Le seul personnage qui fait un peu tâche dans le décor, c’est le Président Fitzgerald Grant (Tony Goldwyn) lui-même. Véritable erreur de casting, difficulté à cerner le rôle ou – parce que tout est possible – personnage mal écrit, toutes les hypothèses sont valables pour expliquer ce gros point noir. A part être immobile, impatient et avoir des difficultés à se tenir tranquille en présence d’une femme, le personnage est mou au possible et ne convainc pas. Certaines scènes lui permettent malgré tout d’exprimer ce qu’il peut, sans toutefois parvenir à rivaliser avec le reste du casting en matière de qualité de jeu. Face à Kerry Washington, Tony Goldwyn fait vraiment pâle figure…

Une intrigue qui s'essouffle...

Si Scandal a démarré un peu poussivement et a trouvé une bonne vitesse de croisière en milieu de saison 1, l’intégralité des épisodes ne se valent pas (je sais, je le dis souvent…). La première saison a permis de planter le décors et d’effleurer les possibilités de développement de quasiment chaque personnage. La seconde saison nous offre une escalade de problèmes à gérer et de rebondissements à travers une intrigue globale assez prenante qui faisait défaut à la première saison, où chaque épisode fonctionnait très bien tout seul. La seconde saison était émotionnellement épuisante tant les épisodes étaient denses, et la première moitié de la saison 3 continue sur le même rythme, mais avec davantage d’émotion. La seconde moitié de cette saison avait quelque chose de relativement décevant, avec notamment des bouclages d’intrigues secondaires un peu trop faciles et des rebondissements assez ridicules sur les bords, sans doute pour justifier l’existence d’une quatrième saison… Autant dire que j’attends la reprise avec impatience, pas uniquement pour connaître la suite, mais également pour voir si Shonda Rhimes a su relever le niveau de ce qui était au départ une série vraiment addictive et qui sombre progressivement dans la facilité et le sentimentaliste.

Rating: ★★★½☆
Avis: J’ai beaucoup de mal à parler de Scandal de manière nuancée, parce que si la série m’a emballée jusqu’en milieu de saison 3, les derniers épisodes que j’ai pu voir m’ont laissé un étrange goût amer en bouche… Malgré tout, la série mérite qu’on y jette un coup d’oeil, ne serait-ce que pour l’alchimie entre les personnages ou la qualité de l’écriture de certains d’entre eux. Pour les intrigues politiciennes. Pour les rebondissements. Pour l’excellente Kerry Washington. Pour le casting (sauf Tony Goldwyn). Bref, regardez Scandal pour vous faire votre opinion et laissez de côté les a priori ! =)

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