Review: Helix

Helix (c) SyFy

Helix (c) SyFy
– tous les vendredis soirs –

Chaque année, SyFy dévoile une ou plusieurs créations originales. L’année dernière, on vous avait parlé de Defiance . Cette année, c’est au tour de Helix, créée par Cameron Porsandeh, showrunnée par Steven Maeda (X-Files, Lost, Lie to Me…) et produite par Ron D. Moore (Star Trek, Battlestar Galactica… – et là, tout est dit !). Un pari risqué dans une période où la SF est sur tous les écrans / toiles et où les adeptes du genre veulent des choses vraiment originales… 

Une équipe de scientifiques du CDC est envoyée dans un centre de recherche en Antarctique pour enquêter sur une redoutable maladie. Avec cette unique phrase, on dispose des bases et des informations suffisantes pour comprendre que si le CDC (NdlR: Centres for Decease Control) intervient, c’est que la maladie en question n’est pas qu’une simple grippe et peut potentiellement décimer des populations…

Le pilote de 90 minutes (en réalité l’épisode 1 auquel on a collé l’épisode 2) nous fait entrer très rapidement dans le vif du sujet et fait surgir un certain nombre d’interrogations concernant ce qui se trame réellement dans cette base perdue au milieu de nulle part, et au fur et à mesure qu’on se pose des questions, d’autres surviennent, distillées ça et là par les scénaristes pour au final ne nous laisser que peu de répit, même pendant les scènes un peu superflues dans lesquelles rien d’important n’est dit et rien ne se passe. La longueur du pilote fait que l’univers est suffisamment bien présenté pour que l’on comprenne bien ce dont il sera question dans la série. On oublie donc les pilotes de mauvaise qualité de certains networks où il faut balancer le plus d’effets spéciaux et de trucs incroyables pour attirer le chaland, et on se satisait bien volontiers d’une série dans laquelle les créateurs prennent le temps de bien installer leur univers avant de nous jeter dans l’action.

Ecrire quelque chose sur Helix sans spoiler sur absolument tout… Ca ne s’annonce pas aussi facile que pour toutes les autres séries auxquelles je me suis attaquée jusqu’ici. Pas pour une question de trop grande qualité, ou de désintérêt total. Non. Helix est à la fois un OVNI venu d’on ne sait où, et un assemblage de quelques gros poncifs de science-fiction utilisés et réutilisés jusqu’à l’usure dans à peu près toutes les oeuvres du genre. Trop de nouveauté, et on perd une partie des spectateurs de la même manière que s’il n’y en a pas suffisamment. Trop de trucs déjà vus ailleurs et pareil, on perd une partie des spectateurs. Alors Helix… c’est un savant dosage de tout ça, avec en plus le parti-pris d’intégrer beaucoup de têtes inconnues dans le casting, de proposer quelque chose de plausible dans un environnement connu… et de réussir en plus à nous surprendre.

Les deux points précédents combinés font qu’on ne se prend pas 2 tonnes d’informations dans la face en seulement 90 minutes. Le montage alterne en effet des scènes de révélations, des scènes d’action, et des scènes riches en tension. Ces dernières sont les plus nombreuses mais pas uniquement parce que la série se déroule dans un espace clos; les problématiques abordées par la série contribuent à faire naître un certain nombre d’appréhensions chez le spectateur, et il faudra avoir des nerfs d’acier pour ne pas trembler fébrilement devant son écran. Et aussi avoir le coeur bien accroché. Mais je n’en dirais pas davantage.

Le malaise ambiant est tantôt appuyé par la musique, tantôt en complet décalage avec elle – je pense notamment au très court générique que j’ai cru être une blague précisément à cause de ce décalage. Rien ne semble avoir été laissé au hasard. Et comme si tous ces éléments ne suffisaient pas, on en remet une couche au niveau des personnages ! Le héros de la série, le Dr Alan Farragut (Billy Campbell) dirige l’équipe du CDC comprenant son ex Julia Walker (Kyra Zagorsky), sans doute sa future copine, le Dr Sarah Jordan (Jordan Hayes), et apprend un peu plus tard que son frère a été infecté par cette mystérieuse maladie – frère qui partage les mêmes goûts que lui en matière de femmes, comme si le sordide du propos de la série n’était pas suffisant… Face à eux se dresse le très étrange Dr. Hiroshi Hatake (Hiroyuki Sanada) dont le visage semble avoir été conçu pour n’afficher aucune expression humaine (ou alors juste quand il se brûle).

Vous l’aurez donc compris, avec Helix on parlera génétique, virus, éthique (ou pas) et sans doute de bien d’autres choses toutes aussi dangereuses et potentiellement perturbantes.

Rating: ★★★★½
Avis: Helix est une excellente surprise. Je m’attendais à quelque chose de mécanique et de très conventionnel dans sa construction, et je me suis retrouvée devant un show ambitieux qui laisse entendre qu’absolument tout peut arriver à n’importe qui. Le risque que je vois là-dedans, c’est qu’il se passe effectivement n’importe quoi et que la série parte en vrille à un moment donné justement parce que les scénaristes auront vu beaucoup trop gros. Mais je reste malgré tout très optimiste concernant Helix et reviewerais cette série sur la durée avec grand plaisir !

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