Rétro : Friday Night Lights

« Friday Night Lights » (c) NBC
Porté à l’écran et adapté pour la télévision par Peter Berg entre 2004 et 2011. Musique de Explosions in the Sky.

A l’aube des Playoffs de janvier 2013 de la National Football League aux Etats-Unis, retour sur l’un des sports collectifs les plus populaires du monde. Pour ce faire, rétrospective de Friday Night Lights de Peter Berg et des Panthers du West Texas, l’équipe la plus couronnée de succès de l’Etat dans l’histoire du Football américain.

Est-ce que vous aimez le football ? J’entends rire, j’en vois grimacer, certains disent timidement « oui » en se demandant où je veux en venir ? Je répète : Est-ce que vous aimez le football !! Ah ! J’entends un peu plus d’assurance dans l’assistance ! Est-ce que Dieu aime le football ?

« I think everybody loves football. »

– Jason Street S1E1″Pilot » (2006)

Et au cinquième jour, Dieu créa les lumières du vendredi soir.

SOMMAIRE :

INTRODUCTION Et Dieu créa le Football

  1. LE LIVRE : Les origines du Mojo
  2. LE FILM : 4 garçons plein d’espoir
  3. LA SÉRIE : 5 saisons de succès

CONCLUSION Clear Eyes, Full Hearts, Can’t Lose

INFORMATIONS

INTRODUCTION Et Dieu créa le Football

Dillon Panthers Homecoming Cheerleaders

Aux Etats-Unis, le football américain occupe une place prépondérante tous les vendredi soir. Sous les projecteurs des terrains, chaque équipe de chaque lycée au sein de chaque état se rencontre sur le terrain pour un match qui les conduira jusqu’aux qualifications (play offs) puis aux championnats régionaux (High School State Championships). L’obsession des dernières années ? Se faire bien voir par les recruteurs pour rejoindre les équipes universitaires. Le football est une carrière et Dieu en est le porte bonheur.

Quoiqu’il en soit, plus qu’un sport et un travail d’équipe, c’est un esprit de famille.

« Tonight is your night. You have an opportunity to go out there and accept the challenge. You have the opportunity to become part of a team. If you don’t do it tonight, then you’re never gonna do it in your entire life. »

– Buddy Garrity S2E9 « The Confession » (2007)

Une famille qui se serre les coudes et qui répond à des leçons de vie auxquelles chacun doit faire face un jour dans sa vie. « Friday Night Lights », c’est avant tout une histoire vraie que Peter Berg met en image depuis près d’une dizaine d’années au travers d’un film et d’une série. Gonflée de réalisme et porteuse d’espoir, cette oeuvre majeure de sa vie permet à quiconque de s’identifier à ces personnages, peu importe leur âge. Espoir, avenir, famille, voilà les principaux thèmes de cette part d’histoire dans le monde du football américain.

En NFL (National Football League), s’il n’y a que 11 joueurs en permanence sur le terrain, une équipe peut compter jusqu’à 53 joueurs dans un roster. Entre chaque phase de jeu, le Head Coach (coach principal) peut décider de changer de joueurs et ainsi de tactique. Car le football, c’est avant tout une question de tactiques. De septembre à février et tout au long d’une saison, entre matchs à domicile et qualifications, le football est au coeur des conversations jusqu’à la date fatidique du Superbowl, le premier week-end de Février. Si les lycées se rencontrent le vendredi soir, pour les universités, ce sont les samedi. Quant aux matchs nationaux de NFL, ils peuvent durer tout le dimanche. Au Texas, c’est une institution bien ancrée dans la vie quotidienne. Retour sur les origines de l’équipe des Panthers, à première vue fort banale.

LE LIVRE : Les origines du Mojo

Odessa Texas, Home of the Permian Panthers « Mojo ! »

Pour comprendre l’engouement d’une telle histoire et d’un tel sport au sein d’une seule et même communauté, il faut revenir aux origines, celles de la ville d’Odessa au Texas. Sa situation et son histoire en font le terrain de jeux d’une histoire vraie narrée au travers d’un match, d’un livre, d’un film et d’une série.

« Of all the legends of Odessa, that of high school football was the most enduring. It had a deep and abiding sense of place and history, so unlike the town, where not even the origin of the name itself could be vouched for with any confidence. »

– H.G. Bissinger Chapitre 1 ‘Odessa’ « Friday Night Lights » (1990)

Années 1880 – Un groupe d’hommes de Zanesville, Ohio, fondent Odessa, dans le West Texas, dans l’idée de faire des bénéfices sans se douter ce qu’il adviendrait de la ville dans les 100 ans à venir. Tantôt en plein essor économique dans le business pétrolier  fermes et ranchs, tantôt en dépression, Odessa connaît des hauts et des bas durant plusieurs décennies et sa réputation est endommagée par des crimes commis sur la fin du 19e siècle et le début du 20e. Les enjeux économiques marquent la problématique principale d’une communauté qui peine à survivre et en qui personne ne semble octroyer de l’espoir pour l’avenir.

En 1889, la première université d’Odessa est incendiée, 3 ans après sa construction et les rumeurs vont bon train. Des cowboys révolutionnaires ou des citoyens jaloux de Midland, la ville soeur concurrente, autant d’hypothèses plausibles mais impossibles à vérifier. En tout cas, qu’il s’agissent des Cowboys de Carter ou des Rebels de Midland Lee, voilà deux adversaires que la ville d’Odessa affrontera à de nombreuses reprises autant en jeu que dans la vie.

Petit à petit, le football devient une porte de sortie, une institution, une croyance au détriment d’une qualité scolaire. Le sport devient prédominant et dans les années 70, un membre de l’équipe s’écrit « Mojo » lors d’une soirée. Ainsi naît le cri de guerre des Permian Panthers, encore aujourd’hui.

De gauche à droite : Jay Hernandez (Brian « Chavo » Chavez – Lineback), Derek Luke (James « Boobie » Miles – Runningback), Garrett Hedlund (Don Billingsley – Fullback) et Lucas Black (Mike Winchell – Quaterback)

1988 – Les Permian Panthers d’Odessa rencontrent les Carter Cowboys de Dallas en semi-finale des Texas State Championships. Gary Gaines est alors le head coach de cette équipe pleine d’espoir depuis 1986. Pendant tout une saison, les équipes de football des lycées du Texas s’affrontent jusqu’au match ultime. Aux Etats-Unis, être un « State Champion », c’est une marque de valeur mais aussi de pouvoir. C’est plus qu’un honneur, on n’en reçoit pas une médaille mais une chevalière estampillée aux couleurs de l’équipe. Mais à quelques jours du match définitif pour les qualificatiions, Boobie Miles, le populaire running back (porteur du ballon), est victime d’un accident sur le terrain.

« You know God made black beautiful. God made Boobie beautiful, black and strong… »

– James « Boobie » Miles « Friday Night Lights » (2004)

S’il recouvre vite de sa blessure au genou, Boobie ne pourra plus jamais assurer son poste comme avant. Un bon runningback est avant tout un bon coureur, rapide, agile et puissant. Figure de notoriété, il vouait sa vie au football et se voyait déjà gagner sa scolarité en université et passer pro en se faisant bien voir des recruteurs présents dans les tribunes. Mais une autre problématique se pose alors que Boobie ne peut plus jouer : comment l’équipe va-t-elle composer sans son joueur le plus populaire ? Plus qu’un runningback, Boobie est un leader qui n’a pas la langue dans sa poche. Ecouté et respecté, il est considéré comme un pilier au sein de son équipe.

Coach Gary Gaines (2012)

1989 – Pour sa dernière année au sein de Permian, le Coach Gary Gaines mène son équipe à la finale des National Championships Football et remporte la victoire avec son running back remplaçant Chris Comer après une saison sans fausse note. Gaines parcours diverses universités et devient Directeur des Sports de 2005 à 2008. Il revient finalement à ses premiers amours à Permian en 2009 en tant que Head Coach des Panthers. Le 8 janvier 2013, le plus célèbre coach du football américain se retirera pour la deuxième fois. Mais cette fois pour de bon.

1990 – H.G. Bassinger édite l’histoire des Odessa Permian Panthers, l’équipe la plus couronnée de succès au Texas, chez Addison-Wesley : « Friday Night Lights : A Town, a Team and a Dream« . Ce Journaliste de Philadelphie s’installe pendant un an à Odessa, Texas pour suivre toute la saison 88 des Permian Panthers. Il lui a fallu du temps pour trouver l’équipe et la ville parfaites où il pourrait retrouver toute l’essence du football américain. Plus qu’un histoire, il voulait pouvoir transmettre une idée, un message car après tout, ce n’est pas que du football. S’il suit les vies des joueurs principaux de l’équipe de Permian, c’est sans oublier les origines socio-économiques de la région, fortement ancrées dans les esprits.

Le livre a été mainte fois réédité en fonction du film, et plus tard, de la série. Sur l’édition de 2000, en postface, l’auteur revient sur le succès de son livre et sur la manière négative dont il a été perçu par les habitants d’Odessa, y compris par la femme de Gary Gaines, jugeant leur description incorrecte. Pourtant, le personnel encadrant du lycée Permian a revu à la baisse son investissement dans le football pour se concentrer un peu plus sur le succès scolaire de ses élèves.

« I’ve downplayed that ad nauseam. […] To us, it’s all about the kids and what they do. And they deserve the credit. »

– Gary Gaines Odessa American Online (2012)

1991 – Les Permian Panthers d’Odessa remportent à nouveau les Texas State Championships et rajoutent une date à leur titre après 1965, 1972, 1980, 1984 et 1989. A ce jour, l’équipe n’a plus remporté de victoire aux States mais a terminé de nombreuses fois.

LE FILM : 4 garçons plein d'espoir

« Friday Night Lights » (2004)
Un film de Peter Berg et par les producteurs de « 8 Miles ». Une musique de Explosions in the Sky.

« You’re going to use your minds! You’re going to play with your heart! And that is what you’re going to use to win the State Championship. »

– Coach Gary Gaines « Friday Night Lights » (2004)

2004 – Peter Berg décide de porter l’ascension des Panthers au cinéma avec « Friday Night Lights », en s’inspirant de la véritable histoire ainsi que de l’oeuvre homonyme de Bissinger. Miles, Chavez, Winchell et Billingsley sont les héros de cette promo qui fera la notoriété du coach Gary Gaines. Réalité à peine déformée, caméra au poing pour une image plus vraie, lumière naturelle et musique composée par Explosions of the Sky, un groupe local du Texas, voici la recette d’un film tourné comme un documentaire à hauteur humaine. Authentique jusqu’à la composition de la musique qui accentue encore l’aspect intimiste d’une ville de campagne loin de la ville. Si en soi le sujet n’a pas de quoi faire bondir d’enthousiasme, sa mise en image, elle, reste des plus exceptionnelle. Intime et proche du spectateur, il n’y a pas un seul personnage auquel il est impossible de s’identifier.

De par son traitement de l’image comme du son, Peter Berg donne du réalisme à son film, ce qui pourrait en déranger certains n’aimant pas être mal menés par une caméra. Il devient alors facile de se dire « moi aussi je sais filmer comme ça. » Il n’est pas question de faire dans le flatteur ni dans le visuellement correct. Des close-up outranciers aux silences gênés, tout est là pour accentuer le fait qu’il s’agisse ici d’une histoire vraie, même romancée. Mais le jeu d’acteur n’est pas en reste. Parmi eux, Garrett Hedlund, réputé le plus récemment pour son rôle dans « TRON » dévoile ici une autre facette de son jeu aux côtés de Billy Bob Thornton dans le rôle du coach Gary Gaines. Bien que certains événements aient été remodelés pour les besoins du film, nous suivons l’équipe des Panthers durant toute la saison comme si nous étions, avec eux, au coeur de leur vie et de leurs problèmes au quotidien, pour la plupart affectifs.

D’une certaine manière un peu plus soft, Friday Night Lights peut facilement rappeler l’aspect cru et franc sans fioritures de la version américaine de « Shameless » mais dans un tout autre domaine. Cette série initialement Britannique s’est fort bien exportée malgré son côté brut. Quoi qu’on en dise, nous n’aimons pas être pris pour de simples spectateurs, nous aimons voir des personnages qui s’adressent à nous. C’est ce que nous apporte Shameless même dans l’exagération. C’est ce que nous livre Friday Night Lights également, comme un documentaire de parcours avec un point de départ et une ligne d’arrivée. Qu’elle soit franchie ou non, le principal, c’est de jouer, mais avant tout de jouer bien.

Toutes les valeurs sont là : l’esprit d’équipe, la famille et au centre, Dieu pour nous protéger et nous apporter la victoire et la réussite. Il n’y a pas de méchants, que des adversaires à notre hauteur. Un film biographique qui tente à rappeler, avec le football comme acteur principal, que nous ne sommes jamais seuls.

“Gentlemen, the hopes and dreams of an entire town are riding on your shoulders. You may never matter again in your life as much as you do right now.”

Coach Gary Gaines, « Friday Night Lights » (2004)

 

 

LA SÉRIE : 5 saisons de succès

« Friday Night Lights » (2006-2011)
Une série de Peter Berg. NBC
Avec Kyle Chandler, Connie Britton et Brad Leland, Gaius Charles, Taylor Kitsch, Zach Gilford, Scott Porter, Jesse Plemons, Minka Kelly, Adrianne Palicki et Aimee Teegarden

« Feed the dogs, spit the fire, lock up your daughters. Turn on the radio, sit down, and shut up ’cause it is game time, people ! »

2006 – Peter Berg adapte « Friday Night Lights » pour la télévision. Pour ce faire, il resitue l’action à Dillon, toujours dans le West Texas. Il garde cependant le nom de l’équipe « Panthers » et fait de la ville la jumelle fictive d’Odessa. Le fond reste sensiblement le même. Un coach, récemment nommé à la tête de l’équipe star de la ville, conduit ses joueurs jusqu’aux Texas State Championships, épaulé par sa femme et aux prises à de nombreux obstacles. La forme conserve également la même recette : une image peu lumineuse, une caméra à l’épaule, une mise au point parfois négligée et des costumes de tous les jours  que l’on retrouve facilement d’un épisode à l’autre. La ligne éditoriale phare reste inchangée, le mot d’ordre est à l’authenticité. Une nouvelle fois, c’est un pari remporté avec brio. Le football n’est pas un prétexte. C’est l’acteur principal agissant comme le support idéal pour l’important message que Berg désire faire passer.

A la co-production, Jason Katims, producteur notamment de la série « Roswell », célèbre pour sa petite ville du Nouveau-Mexique et ses faits extraordinaires marquant l’histoire du 20e siècle. Friday Night Lights retrouve ce même sentiment des vies partagées avec un traitement moins léger et bien plus proche du réel. Et à la musique, la même intimité procurée par Explosions in the Sky. C’est pourtant W. G. Snuffy Walden (« Once & Again », « US Marshals », « Quarterlife », « Felicity », « Heartland », « Demain à la Une », autant de séries à l’ambiance « country » et portées sur le quotidien) qui composera le générique tout en conservant les cordes du groupe original, et donc, l’ambiance même du film rapportée à la série rendant les deux productions indissociables l’une de l’autre.

Zach Gilford (QB1 Matt Saracen) et Aimee Teegarden (Julie Taylor)

Pour son personnage populaire du Quaterback Jason Street (Scott Porter – Quaterback 6 – « Hart of Dixie »« The Good Wife »), Berg trouve son inspiration dans le destin de David Edwards, un Defenser de 15 ans dans un match au cours duquel il est victime d’un tacle mal réceptionné, comme Boobie Miles, et se retrouve paralysé. Mais chaque personnage n’est pas sans rappeler un de ceux du film. Taylor Kitsch (Tim « Rigs » Riggins – Fullback 33 – « Wolverine », « Battleship », « The Covenant ») reprend le rôle du mec un peu paumé avec des problèmes relationnels avec son père mais qui désire plus que tout s’en sortir. Gaius Charles (Brian « Smash » Williams – Runningback 20 – « Salt », « Grey’s Anatomy ») est le porteur de ballon le plus rapide, puissant et populaire du lycée, un black imbu de lui-même qui parle de lui à la troisième personne mais au talent certain. Zach Gilford (Matt Saracen – Quaterback 7 – « Dare », « Post Grad », « The Mob Doctor ») est aux prises des jeux de la vie avec sa grand-mère malade dont il s’occupe en l’absence de son père, militaire en Irak, et il porte sur ses épaules l’avenir incertain de l’équipe. Car un Quaterback, c’est aussi un leader, un capitaine, le pilier d’une bande de joueurs, sur qui ces derniers doivent se cramponner.

Mais les principaux protagonistes sont illustrés par les personnages du Coach Eric Taylor (Kyle Chandler – « Demain à la Une »), de sa femme Tami et de Buddy Garrity (Brad Leland), un important promoteur automobile de la région qui finance l’équipe à l’aide de sponsors et d’investisseurs, ce que l’on appelle un « Booster ». Ces deux derniers avaient déjà participé au film de Peter Berg et reprennent ici les mêmes rôles. Bien que la série ne soit pas un copier/coller du film, l’univers et l’ambiance restent identiques avec un meilleur développement des personnages car il n’est jamais aisé de développer en profondeur un sujet au cours d’un film de 1h30 comme on le ferait sur une série de 22 épisodes (du moins pour la première saison, les quatre autres n’en comptant en moyenne que 14). Mais ce sont autant de personnages attachants et autant de clins d’oeil qui font la qualité de cette sorte de saga du vendredi soir. Au final, c’est un peu comme si vous regardiez un documentaire ou une téléréalité. Il semble parfois que les acteurs deviennent leur personnage. Ou bien est-ce l’inverse ?

Gaius Charles (Brian « Smash » Williams – Runningback)

Dans la majorité des lancements de séries, nous avons un schéma simple : un arc principal pour toute la saison et un « méchant de la semaine » pour chaque épisode. Ici, l’on pourrait croire à un match par épisode mais ce n’est pas le cas. Il existe un fil rouge, décomposé en plusieurs parties, chaque chose en son temps et chaque événement à son épisode. Tous les sujets font la une : des problèmes de couples d’adolescents aux recruteurs universitaires en passant par la vie de famille et parentale, les tricheries et autres déboires dus à l’alcool ou tout simplement le manque de confiance en soi, tout y est. Vous êtes au coeur de Dillon et vous partagez le quotidien, parfois difficile, des habitants.

Aucun personnage n’est alors laissé à l’abandon et nous pouvons suivre leur évolution comme une dizaine de protagonistes principaux sans qui la série ne pourrait tenir debout. Bien qu’il s’agisse ici d’une série dramatique, elle ne manque pourtant pas d’humour ! Des situations embarrassantes aux discours pouvant créer des émeutes ironiques, les acteurs se donnent à fond pour cette série dont le pilot reste l’un des meilleurs que la télévision ait jamais connu. Sensible et vrai, Friday Night Lights vous fait aimer le football et vous plonge dans des matchs emplis d’énergie et d’adrénaline où les Runningbacks s’envolent pour un touchdown majestueux. Pour beaucoup de séries, ce genre de dramaturge en permanence peut rebuter, voire, donner envie de vomir. Cyclique et répétitif, créer du drame autour d’une ville entière sans faire ronfler les spectateurs, c’est relever un défi. Il existe très peu de séries aux Etats-Unis pouvant tourner autour d’un lycée sans passer par le pathétique ou l’outrancier fantastique.

La relation que les personnages entretiennent les uns avec les autres, face aux différentes situations qui se présentent à eux, est d’une telle particularité et d’un tel réalisme qu’il est parfois difficile de se rappeler qu’il ne s’agit après tout que d’une fiction… Mais Peter Berg ne s’appuie-t-il pas sur des faits réels en premier lieu ?

Ce naturel désarmant, couplé au traitement de l’image brut et à une musique légère et intimiste, fait la force de cette série couronnée de succès pendant 5 années consécutives.

« Your politics and campaign are clearly not aligned with the themes we portrayed in our series. […] The only relevant comparison that I see between your campaign and Friday Night Lights is in the character of Buddy Garrity — who turned his back on American car manufacturers selling imported cars from Japan. »

Peter Berg (2012)

Le 12 octobre 2012 dernier, Peter Berg accuse Mitt Romney, un politicien républicain, de plagia alors qu’il utilise le slogan des Panthers « Clear Eyes, Full Hearts, Can’t Loose » dans sa campagne électorale à la Présidentielle des Etats-Unis. Berg écrit alors une lettre qu’il lui fait parvenir et qui sera diffusée au grand public sans plus attendre en exclusivité au Hollywood Reporter. On ne badine pas avec le football et ses principes. Et des principes, Peter Berg en a. Féroce partisan de Barack Obama, il déclare que Romney n’a pas conscience que s’il est fan de la série, il n’en soutient pas pour autant les thèmes évoqués comme  l’avortement, de l’abandon de parents et d’un principal de lycée guidant des élèves dans leurs choix parfois peu orthodoxes.

« It’s not only about football… »

– Coach Eric Taylor S4E7″In the Bag » (2009)

CONCLUSION Clear Eyes, Full Hearts, Can't Loose

« It’s only football. »

– Coach Eric Taylor S1E1″Pilot » (2006)

Connie Britton (Principal Tami Taylor) et Kyle Chandler (Coach Eric Taylor)

Vous n’aimez pas le football ? Vous en avez une idée reçue que vous refusez de changer ? Vous êtes comme moi avant d’avoir fait l’expérience de cette série. Avec Friday Night Lights, vous vous retrouverez transporté par le football comme avec les courses de chevaux dans « Wildfire », cette autre série de la ABC Family diffusée au milieu des années 2000 avec Genevieve Cortese-Padalecki en lead-star. Force de réel et de simplicité traitant pourtant des sujets parfois sensibles, FNL conserve la tête haute jusqu’à la fin. Une série, américaine ou britannique, forge son essence dans sa première saison pour toutes les autres à venir. Quand bien même dans ce cas présent, le challenge connaît des hauts et des bas, en aucun cas vous ne devrez quitter le ballon des yeux alors qu’il traversera le ciel et le terrain pour marquer le point décisif qui vous fera remporter la victoire. Parce que au final… Football ou pas football… C’est bien là une série dont les sujets et les valeurs nous parlent à tous, peu importe le domaine : l’espoir, l’avenir et la famille que l’on croit en Dieu ou non.

« Being perfect is not about that scoreboard out there. It’s not about winning. It’s about you and your relationship with yourself, your family and your friends. Being perfect is about being able to look your friends in the eye and know that you didnt let them down because you told them the truth. And that truth is you did everything you could. There wasnt one more thing you could’ve done. Can you live in that moment as best you can, with clear eyes, and love in your heart, with joy in your heart? If you can do that gentleman – you’re perfect! So let’s take care of this! »

– Coach Gary Gaines « Friday Night Lights » (2004)

Espoir. Famille. Avenir.
« Texas forever… » – Tim Riggins

Two years ago, I was afraid of wanting anything. I figured wanting would lead to trying and trying would lead to failure. But now I find that I can’t stop wanting.
I want to fly somewhere in first class.
I want to travel to Europe on a business trip.
I want to get invited to the White House.
I want to learn about the world.
I want to surprise myself.
I want to be important.
I want to be the best person that I can be.
I want to define myself instead of having others define me.
I want to win, and have people be happy for me, I want to lose and get over it.
I want to not be afraid of the unknown.
I want to grow up to be generous and big hearted, the way that people have been with me.
I want an interesting and surprising life.
It’s not that I think I’m going to get all of these things, I just want the possibility of getting them. College represents possibility. The possibility that things are going to change.
I can’t wait…

Tyra Colette S3E12 « Underdogs »

INFORMATIONS

En France, ce sport, ainsi que le cheerleading, se démocratise peu à peu grâce à la Fédération Française de Football Américain. Car il ne s’agit pas de notre football Européen, le Soccer. Les règles sont différentes et le style s’apparente plus à du rugby. Pourtant, le football américain est un jeu bien à part. Grâce à la Fédération, trouvez un club près de chez vous et rejoignez l’une des équipes de votre région aussi bien en tant que joueur qu’en tant que Cheerleader pour supporter vos favoris !

Découvrez Explosions in the Sky sur Deezer et retrouvez-les sur leur site officiel. Quant à la bande originale du film, elle n’est aujourd’hui disponible que sur Amazon.

Site officiel : Permian Panthers Football. Vous y retrouverez l’historique et les dates de la célèbre équipe mais aussi des vidéos, une boutique… Il existe également un site de supporters : Mojoland, dans lequel vous pourrez découvrir un musée virtuel.

« My eyes were open sir. My eyes were wide open! »

Matt Saracen S1E2 « Eyes Wide Open » (2006)

2 comments

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  2. cat arn

    Merci pour cet article très complet qui m’aide à comprendre l’engouement général pour cette série aux USA. Mon mari et moi sommes scotchés alors qu’on n’aime pas trop le sport en général et encore moins le foot américain en particulier ! Texas for ever !

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